Derichebourg promet de se restructurer rapidement
A l’annonce d’un nouveau recul de son chiffre d’affaires sur son troisième trimestre clos fin juin, Derichebourg a décidé de prendre le taureau par les cornes. Daniel Derichebourg, PDG éponyme du groupe, annonce son «intention d’engager rapidement une restructuration stratégique du groupe permettant son désendettement significatif, la renégociation, avec ses partenaires financiers, de conditions favorables de leur accompagnement dès le 31 décembre de cet exercice et le recentrage de son développement futur». Une nouvelle saluée par un rebond de 3,72% de l’action à 1,98 euros.
Le titre cède néanmoins encore près de 39% en un an. Jugeant «faible» le niveau actuel du cours de Bourse, Daniel Derichebourg se «réserve la possibilité de renforcer le taux de contrôle de son holding familial». Pour le moment, la famille détient 51% du capital et 66% des droits de vote. Des analystes envisageaient déjà auparavant la possibilité d’une augmentation de capital ou de cessions d’actifs pour répondre au problème d’endettement du groupe.
La situation est en effet particulièrement critique. Fin mars, le groupe affichait une dette nette de près de 800 millions d’euros, soit un ratio dette nette sur Ebitda de 3,56. Or le contrat de crédit du groupe lui impose de ne pas dépasser un multiple de 2,90 fois. Néanmoins, le groupe a obtenu une dispense (waiver) pour le moment. Conséquence de cet assouplissement, les frais financiers vont croître, la marge de crédit bancaire ayant été relevée de 0,95% à 3,20% sur la période avril-décembre 2012 sur les 470 millions d’euros empruntés.
Afin de respecter son covenant en fin d’exercice (fin septembre), Derichebourg compte toujours, avant cette échéance, transformer son contrat d’affacturage en contrat de cession sans recours, ce qui lui permettrait de réduire sa dette nette de 153,8 millions d’euros, et donc d’espérer tenir le ratio de levier de 2,9. Faut-il encore que le niveau d’Ebitda ne se détériore pas trop sur l’exercice, déjà en chute de 33% au premier semestre, mais en baisse de seulement 25% au troisième trimestre.
Le chiffre d’affaires limite aussi son recul au troisième trimestre à 2,8% (-5,6% en organique). Sur neuf mois, le chiffre d’affaires baisse de 5,3% (-6,6% en organique) à 2,67 milliards d’euros. Pour autant, le groupe ne voit pas «d’amélioration significative» de la conjoncture d’ici à la fin de son exercice.
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