Depomed réitère son opposition à l’offre hostile de Horizon Pharma
Le mouvement de concentration dans le secteur pharmaceutique ne ralentit pas. Hier, le laboratoire irlandais Horizon Pharma a lancé une offre hostile sur son concurrent américain, Depomed, le valorisant à 3 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros). Le groupe irlandais a contacté dès le début mars la direction et le conseil de Depomed, qui se sont refusé à toute discussion, et ont opposé une fin de non-recevoir fin mai, réitérée mi-juin. Horizon Pharma a donc décidé de s’adresser directement aux actionnaires de la cible.
L’acquéreur offre 29,25 dollars par action Depomed, soit une prime de 42% sur le cours de lundi soir. L’action évoluait hier en séance légèrement en-dessous du prix offert, tandis que le titre Horizon cédait autour de 5%. Ce rachat permettrait de dégager des synergies de revenus et d’exploitation «significatives», de générer des économies d’impôts «considérables», et serait immédiatement relutif sur le bénéfice par action ajusté, assure Horizon Pharma.
Le nouvel ensemble, détenu à hauteur de 25% par les actionnaires de Depomed, dégagerait plus de 950 millions de dollars de chiffre d’affaires pour 350 millions d’Ebitda ajusté, et disposerait d’un portefeuille de 13 médicaments commercialisés, soit le double de celui d’Horizon. De plus, la combinaison des deux sociétés donnerait davantage de flexibilité financière, tant pour des opérations de croissance externe, que pour faire appel au marché ou réduire les coûts d’endettement, explique Horizon. D’ailleurs, il propose de racheter la ligne obligataire de 575 millions de dollars à 10,75 % de Depomed, grâce à sa trésorerie et à une nouvelle émission de dette, portant un intérêt inférieur de plus de moitié à celui actuel de Depomed.
Conseillé par Citigroup et Jefferies, Horizon Pharma entend ouvrir rapidement des discussions avec Depomed, mais ne lancera pas formellement d’offre tant qu’un accord mutuel acceptable n’aura pas été signé. Cependant, Depomed, conseillé par Morgan Stanley et Leerink Partners, a renouvelé hier son refus, estimant que la poursuite de son plan stratégique est pour le moment la meilleure voie, et que le prix offert sous-évalue le groupe. Il n’est que 3,9% au-dessus du plus haut historique atteint le 27 avril dernier. De plus, les actionnaires de Depomed ne détiendraient que 27% du nouveau groupe, sans rapport avec les perspectives de chiffre d’affaires, d’Ebitda et de trésorerie de Depomed.
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