Darty signe un contrat de confiance avec le marché obligataire
Une activité primaire qui tourne au ralenti pour cause de saison de publication des résultats, des investisseurs toujours riches en cash, des tombées (42,5 milliards d’euros) supérieures aux émissions nettes (33 milliards) depuis le début de l’année … La poignée de signatures qui ont animé la semaine dernière le marché de la dette corporate en euros ont bénéficié d’un effet rareté qui leur a permis de placer leur papier sans difficulté. Darty, en particulier, a su en profiter pour lever en trois jours 250 millions d’euros avec un emprunt inaugural.
Menée par BNP Paribas, CA CIB et HSBC, avec le soutien de Barclays, Natixis et SG CIB, l’émission du distributeur aurait attiré près de 3 milliards d’euros d’ordres. Une demande soutenue, notamment, par les investisseurs domestiques français et britanniques, pour la majorité d’entre eux gérants d’actifs. Annoncé entre 6% et 6,25%, le coupon a finalement pu être ramené à 5,875% sur cet emprunt à 7 ans émis au pair.
L’ex-Kesa n’est pourtant pas la plus facile des signatures. Noté BB-, soit trois crans dans la catégorie high yield, le groupe vient de traverser des années difficiles avec un Ebitda tombé de 177 à 104 millions d’euros sur l’exercice clos à fin avril, et à 42,2 millions sur le semestre clos à fin octobre 2013. Le distributeur d’électroménager vend aujourd’hui au marché une histoire de restructuration et de redressement qui commence tout juste à porter ses fruits en France.
«La nouvelle obligation Darty, est montée de 2,5 points dès qu’elle a commencé à traiter sur le marché secondaire. Il y a beaucoup de cash à mettre au travail sur le marché high yield, et l’offre n’est pas assez importante pour satisfaire la demande», soulignent les stratégistes crédit de la Société Générale.
L’emprunt du groupe s’inscrit dans le cadre d’un refinancement plus large d’une facilité revolving de 455 millions d’euros. Outre l’émission à 7 ans qui diversifie ses ressources, Darty a négocié une nouvelle ligne de crédit renouvelable à 5 ans. Son montant a pu être ramené de 250 à 225 millions d’euros compte tenu du succès du placement obligataire. Dans les comptes annuels clos au 30 avril 2014, ce refinancement se traduira par une hausse de 11 millions de la dette nette et de 2 millions des frais financiers.
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