Danone devrait peiner à atteindre son objectif de marge 2013
Cette semaine donne le coup d’envoi des publications de chiffre d’affaires pour le troisième trimestre des grandes sociétés françaises. Notamment, mercredi matin Danone dévoilera des chiffres très attendus, suivi le lendemain par son concurrent helvétique Nestlé.
Secoué ces derniers mois par une crise en Chine sur des soupçons de corruption, et par une fausse alerte au botulisme sur du lait infantile fourni par son partenaire néo-zélandais Fonterra, Danone attend néanmoins une croissance organique de son chiffre d’affaires d’environ 5% sur le trimestre, après +6% au premier semestre. Le groupe a également confirmé ses objectifs 2013 de croissance interne d’au moins 5% et de marge opérationnelle courante en baisse entre -50 et -30 points de base.
Pour autant, les analystes affichent leur prudence sur la valeur. «La guidance annuelle devrait être réitérée, mais la baisse de marge courante devrait être dans le bas de la fourchette (-50 points de base)», note Oddo. En revanche, «l’objectif de marge 2013 paraît difficile à atteindre», selon Natixis, estimant notamment que le rappel de produits de nutrition infantile en Asie suite à l’affaire Fonterra devrait générer un manque à gagner de 400 millions d’euros sur le chiffre d’affaires (279 millions en 2013 et 121 millions en 2014) et de 200 millions sur l’Ebit (140 millions en 2013 et 60 millions en 2014).
Plus largement, Natixis s’interroge sur la surexposition du groupe à un risque spécifique, après notamment l’affaire Wahaha en 2009, rappelant que «la nutrition infantile en Asie concernée par ce rappel représente 12% du résultat opérationnel courant du groupe».
Dans ce contexte, les analystes sont plus réservés sur la valeur, qui a déjà perdu 7,5% sur les trois derniers mois, deuxième plus forte baisse du CAC 40. Pourtant, depuis le début de l’année Danone surperforme toujours le Stoxx Food and Beverage de 3 points.
Sur le troisième trimestre, le consensus des analystes réalisé par Danone anticipe une croissance organique médiane de 4,8%, pour un effet périmètre de +3,1% et un effet change de plus en plus négatif (-5,1%, contre -2,5% au premier semestre). La croissance interne de la nutrition infantile (-3,1% attendu en raison de l’affaire Fonterra) sera compensée par la très bonne tenue du pôle eaux (+13,7%) et par la progression des produits laitiers frais (+4,5%, après +1,7% au premier semestre).
Plus d'articles du même thème
-
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale. -
En Inde, la cotation de Jio accumule les records
Issu du groupe Reliance, contrôlé par la famille Ambani, l’opérateur télécom a signé mercredi 28 octobre une spectaculaire entrée en Bourse pour son premier jour de cotation. Au point de devenir la deuxième capitalisation boursière indienne.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Lignes de fondUn succès de l’IPO d’Anthropic planterait le dernier clou dans le cercueil de l’ESG
Le géant de l’IA fait de son mieux pour paraître au seuil de Wall Street vêtu de probité candide et de lin blanc. Pourtant... -
SagesseL’Allemagne tente de construire une politique chinoise cohérente
Pendant que le président allemand se trouve en Chine, le chancelier fait une tournée asiatique avec Pékin en toile de fond -
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme