Daimler donne un nouveau souffle à sa gouvernance
Pour la première fois de son histoire, Daimler a choisi de nommer à sa tête un non-ingénieur qui n’a de surcroît pas la nationalité allemande. Le groupe automobile a annoncé hier que le suédois Ola Källenius, son actuel responsable de la R&D, sera promu président du directoire pour un mandat de 5 ans en mai 2019 à la place de Dieter Zetsche, qui occupait cette fonction depuis janvier 2006. Agé de 65 ans, ce dernier démissionnera de la présidence du directoire du groupe et quittera la tête de la division automobile Mercedes-Benz à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires de l’an prochain, pour intégrer le conseil de surveillance.
Agé de 49 ans, Ola Källenius, qui sera aussi le nouveau patron de Mercedes-Benz, a fait toute sa carrière au sein de Daimler qu’il a rejoint en 1993. Diplômé en finance et comptabilité de l’Université de Saint-Gall en Suisse et en gestion internationale de la Stockholm School of Economics, il s’est attaché à introduire les méthodes de gestion des groupes de la Silicon Valley au sein du constructeur allemand. Il a notamment été directeur commercial de Mercedes-Benz et patron de sa division AMG, spécialisée dans la conception et le développement de moteurs pour véhicules sportifs.
«En la personne d’Ola Källenius, nous avons nommé un dirigeant ayant une expérience reconnue à l’international et un parcours rempli de succès au sein de Daimler», résume Manfred Bischoff, actuel président du conseil de surveillance, qui sera lui-même remplacé par Dieter Zetsche en 2021 après une période de transition de deux ans. «Compte tenu des défis posés par la transformation en cours de l’industrie automobile, le conseil de surveillance a l’intention de préparer une succession appropriée à un stade précoce», explique le groupe. Ces changements de gouvernance interviennent à une période cruciale pour le premier constructeur mondial de voitures de luxe et de véhicules commerciaux.
Mise en bourse de l’activité poids lourds ?
Affecté comme de nombreux concurrents par les enquêtes menées en Europe et aux Etats-Unis sur le trucage des émissions de ses moteurs diesel et par l’intensification des tensions commerciales mondiales, Daimler prépare une réorganisation en profondeur qui aboutira à sa scission en trois entités (voitures, poids lourds et services de mobilité), ce qui devrait donner au nouveau président du directoire davantage de flexibilité dans ses prises de décision. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais dirigé la division poids lourds, ce qui pourrait l’inciter à procéder à une mise en Bourse partielle de cette activité. Le dirigeant «pourra certainement incarner une nouvelle ère de façon plus convaincante que d’autres prétendants», jugent les analystes de Bankhaus Metzler.
Markus Schäfer, patron de la production et de gestion de l’approvisionnement chez Daimler, remplacera Ola Källenius dans son poste actuel. La direction de la recherche du groupe allemand a par ailleurs indiqué que deux nouveaux responsables prendraient en charge les fonctions précédemment occupées par des experts en ingénierie mécanique. Wilko Stark, jusqu'à présent directeur stratégie et planification pour le groupe, deviendra le 1er octobre prochain directeur de l’approvisionnement et de la qualité des fournisseurs chez Mercedes-Benz. Sajjad Khan, responsable des véhicules et des mobilités numériques, gérera à l’avenir la structure de Daimler qui s’occupe des véhicules autonomes et électriques partagés (CASE) et de l’architecture des véhicules électriques (EVA). L’action Daimler, qui affiche un repli de 22,6% depuis le début de l’année, a terminé la séance en hausse de 0,16% à 54,83 euros à Francfort.
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