Comcast accroît encore son emprise dans les services câblés aux Etats-Unis
Après avoir rejeté voici un mois l’offre de rachat de Charter Communications, le deuxième câblo-opérateur américain Time Warner Cable (TWC) s’est finalement laissé convaincre du bien-fondé d’une fusion avec Comcast, leader du secteur aux Etats-Unis. L’OPA amicale proposée hier par celui-ci valorise TWC 45,2 milliards de dollars (33,1 milliards d’euros), payables en actions. Le prix d’achat de 156,82 dollars fait ressortir une prime de 17% par rapport au cours de clôture de la cible mercredi soir.
La valorisation de TWC, conseillé par Morgan Stanley, Allen & Co, Citigroup et Centerview, atteint 67 milliards de dollars dette incluse, contre une valeur d’entreprise de 60 milliards dans le projet de Charter, numéro quatre du secteur. Les actionnaires actuels de TWC détiendront environ 23% du nouvel ensemble qui représentera 86,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, avec des activités couvrant l’internet à haut débit, la télévision et les services télécoms.
Compte tenu des obstacles que ce rapprochement pourrait rencontrer auprès du département de la Justice et de la Federal Communications Commission (FCC) qui supervise les médias, l’entité élargie devrait céder 3 millions d’abonnés, soit un quart du portefeuille actuel de TWC. Après ces désinvestissements qui pourraient faire le bonheur de Charter, le nouvel ensemble disposerait d’une trentaine de millions d’abonnés, soit près de 30% du marché de la télévision payante aux Etats-Unis. Il distancerait encore largement DirecTV, son plus proche concurrent avec une vingtaine de millions de clients.
Si Comcast est très présent dans le New Jersey et le Connecticut, Time Warner Cable l’est davantage à New York. «Comcast et Time Warner Cable ne sont pas en concurrence directe et Comcast peut facilement céder quelques millions d’abonnés», estime ainsi Rich Greenfield, analyste de BTIG. Les deux groupes se donnent jusqu’à fin 2014 pour boucler la transaction qui ne prévoit aucune indemnité de rupture.
Ce mariage devrait avoir un effet relutif sur le cash flow libre par action de Comcast et générer «1,5 milliard de dollars de synergies au bout de trois ans après la clôture de l’opération, dont la moitié seront extraites dès la première année». Conseillé dans cette transaction par JPMorgan, Paul J. Taubman et Barclays, Comcast prévoit de porter son programme de rachats d’actions à 10 milliards de dollars une fois la fusion achevée.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester