CMA CGM ne reviendra pas sur le marché obligataire avant 2013

Avant d'émettre, le transporteur doit régler le refinancement de sa dette bancaire. Les discussions se poursuivent
Olivier Pinaud

CMA CGM espérait initialement trouver un accord avec ses banques avant l’été concernant le refinancement de sa dette. «Les discussions ont pris un peu de retard», a reconnu hier Michel Sirat, le directeur financier du numéro trois mondial du transport maritime de conteneurs, lors de l’annonce des résultats du premier semestre. Quelques points restent encore à régler mais un accord devrait pouvoir être signé «dans les prochaines semaines». Il devrait comporter une augmentation de capital.

Le groupe doit rééchelonner deux échéances de taille: 600 millions de dollars en principal dès cette année puis un peu plus d’un milliard en 2013. Le refinancement de ces lignes devrait être complété par la suite par une émission obligataire, «plutôt en 2013 que cette année», précise Michel Sirat. CMA CGM avait déjà fait appel au marché obligataire «high yield» en avril 2011 pour un montant de 945 millions de dollars. Cette restructuration financière doit permettre de couvrir les futurs investissements du transporteur et d’anticiper 2015, année au cours de laquelle le groupe familial turc Yildirim pourra exercer ses obligations convertibles en actions et détenir ainsi 20% du capital. La famille Saadé, unique actionnaire de CMA CGM, pourrait à ce moment-là chercher à racheter ces ORA.

Point positif pour CMA CGM, les discussions avec les banques interviennent alors que le transporteur est redevenu profitable au deuxième trimestre. Il a dégagé un chiffre d’affaires de 4,15 milliards de dollars, en hausse de 12% par rapport au deuxième trimestre 2011, soutenu par la hausse de 8% des volumes transportés et d’une remontée de 9% des prix. Grâce aux réductions de capacité engagées par les transporteurs, «les taux de fret ont retrouvé leur niveau du premier trimestre 2011», apprécie Michel Sirat.

Couplés aux mesures d’économies (294 millions de dollars au premier semestre), ces éléments ont permis de dégager un excédent brut d’exploitation trimestriel de 460 millions de dollars, après une perte de 31 millions au premier trimestre. Le bénéfice net ressort à 178 millions, ne permettant pas de compenser totalement la perte de 248 millions essuyée au cours des trois premiers mois de l’année. Le groupe espère toujours dégager un bénéfice net en 2012 après 30 millions de pertes en 2011.

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