Cisco s’empare d’AppDynamics juste avant sa mise en Bourse
Confronté à un ralentissement de la demande sur son marché traditionnel des équipements de réseaux, Cisco poursuit son offensive en matière de croissance externe. En lançant hier une offre en numéraire et en actions sur l'éditeur de logiciels d’entreprise AppDynamics pour environ 3,7 milliards de dollars (3,45 milliards d’euros), le groupe américain s’apprête à réaliser sa plus importante acquisition depuis 2013. Il avait alors mis la main sur le spécialiste de la sécurité Sourcefire pour 2,7 milliards de dollars.
Le prix proposé de 26 dollars par action pour AppDynamics est deux fois plus élevé que la fourchette de 12 à 14 dollars retenue par l’éditeur pour sa prochaine introduction en Bourse, désormais caduque. «Le fait qu’ils étaient en pleine IPO a représenté une fenêtre où il nous fallait prendre une décision», a déclaré Rob Salvagno, vice-président du développement de Cisco. Basé à San Francisco, AppDynamics, fondé en 2008, avait été valorisé 1,9 milliard de dollars lors de son tour de table de novembre 2015. Les analystes de RBC jugent que le prix de la transaction est élevé mais considèrent «le fait d’avoir davantage de revenus liés aux logiciels comme un élément positif à long terme».
Spécialisée dans l’analyse et l’optimisation d’applications et de sites web, la start-up compte environ 2.000 clients comme le Nasdaq, Nike et Cisco, son futur propriétaire qui compte finaliser sa prise de contrôle en avril prochain. Sur les neuf premiers mois de son exercice clos fin janvier 2017, la licorne est encore déficitaire malgré un chiffre d’affaires en progression de 54% à 158,4 millions de dollars d’un an sur l’autre. Contrôlée jusqu’ici par plusieurs fonds d’investissement, elle sera intégrée à la division «internet des objets et applications» de Cisco dont fait également partie Jasper Technologies, acquise en février 2016 pour 1,4 milliard de dollars.
L’acquisition d’AppDynamics intervient une semaine après l’annonce du rachat par Hewlett Packard Enterprise de la société SimpliVity, active dans l’informatique dématérialisée (cloud computing) pour 650 millions de dollars. Avec une trésorerie de 71 milliards de dollars, dont 15% sont situés aux Etats-Unis, Cisco dispose encore d’une grande marge de manœuvre pour procéder à d’autres opérations destinées à élargir son expertise technologique sur des marchés à fort potentiel.
Plus d'articles du même thème
-
Nomura vise de nouvelles acquisitions dans la gestion d’actifs aux Etats-Unis
En décembre 2025, le gestionnaire japonais a finalisé le rachat des activités de Macquarie en Europe et aux Etats-Unis. -
Worldline a cédé ses activités de paiement en Nouvelle-Zélande à Cuscal
En ajoutant cette petite opération, le produit net des cessions annoncées par le groupe de paiements approche 600 millions d'euros. -
LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
La Banque Postale veut fusionner ses deux sociétés de gestion d’actifs, LBP AM et sa filiale à 100%, La Financière de l’Echiquier, pour former une entité unique de 72 milliards d'euros d'encours qui prendra le nom de LFDE IM.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- Le fonds souverain norvégien s’oppose à John Elkann au conseil de Meta
- La Banque des Territoires fait grandir le thème de la souveraineté dans ses investissements
- La BCE reste sereine sur l’exposition des banques et assureurs au crédit privé
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Des institutionnels réclament l'harmonisation du droit des actionnaires en Europe
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesUn « maccarthysme » : les dessous de l'éviction d'Alexandra Palt de WWF France
L’ex-présidente de l'ONG environnementale raconte les dessous de son éviction après une manifestation antiraciste. Des échanges évoquant des « donateurs juifs » créent le malaise en interne -
StratégiquePourquoi Xi Jinping a aussi besoin de la Corée du Nord
La probable visite du président chinois à Pyongyang, son premier déplacement à l'étranger en 2026, vise à ramener le voisin nord-coréen dans son orbite -
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau