Chesapeake Energy installe une nouvelle gouvernance pour tenter de ramener la confiance
Restaurer la confiance, c’est l’objectif que tente de poursuivre Chesapeake Energy. Le deuxième producteur de gaz américain s’est retrouvé empêtré dans une crise de gouvernance, son PDG et co-fondateur Aubrey McClendon étant dans le collimateur du fisc américain et de la SEC pour des opérations financières douteuses. Sous la pression des actionnaires, et notamment de Carl Icahn, qui détient 7,6% du groupe, Aubrey McClendon a été contraint d’abandonner son mandat de président.
Il est remplacé par Archie Dunham, un vétéran du secteur, qui reçoit le titre de président non exécutif. Ce natif d’Oklahoma, où est implanté le siège de Chesapeake Energy, a dirigé Conoco pendant plusieurs années, avant de prendre la présidence de ConocoPhilips, le géant de l'énergie issu de la fusion en 2002 de Conoco et Philips Petroleum Company.
La première mission d’Archie Dunham sera d’aider Aubrey McClendon, qui reste directeur général, à trouver des acquéreurs pour certains actifs. Une mission de première nécessité afin de combler un déficit de cash-flow qui pourrait atteindre 22 milliards de dollars d’ici fin 2013, selon l’estimation d’Alembic Global Advisors. Cette situation pourrait forcer le groupe à se détourner de certains projets de forage ou à réviser à la baisse ses objectifs de production.
Pour tenter d'éviter ce scénario dramatique, le conseil d’administration est renouvelé avec l’arrivée de quatre nouveaux administrateurs indépendants. Il s’agit de Vincent Intrieri, le représentant de Carl Icahn, Bob Alexander, Brad Martin et Frederic Poses. Le groupe a toutefois permis à V. Burns Hargis de rester membre du conseil malgré le fait qu’il ait présenté sa démission après un vote de défiance des actionnaires.
Chesapeake justifie cette décision par son maintien au sein du comité d’audit afin de boucler l’examen des finances d’Aubrey McClendon. «Nous saluons le nouveau conseil mais la décision malencontreuse de garder un administrateur qui a été rejeté par une majorité écrasante d’investisseurs ternit cette annonce», a regretté le contrôleur de la ville de New York, John C. Liu. Manifestement, Chesapeake Energy peut encore progresser sur le terrain de la gouvernance.
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