CGGVeritas sera moins cyclique après le rachat du pôle Géoscience de Fugro
En rachetant la majeure partie de la division Géoscience du néerlandais Fugro (2.500 employés) pour un montant brut de 1,2 milliard d’euros, CGGVeritas va accroître son expertise dans les technologies sismiques liées à la production d’hydrocarbures. Cette activité moins cyclique que celle liée à l’exploration améliorera la stabilité de ses cash-flows. Cette opération, complétée par des partenariats commerciaux, constitue par ailleurs «une excellente alternative à la construction envisagée de nouveaux navires qui aurait nécessité 18 à 24 mois», relèvent les analystes d’Oddo Midcap. Le chiffre d’affaires pro forma du groupe élargi aurait atteint 3,3 milliards d’euros l’an dernier, soit une hausse de 30% par rapport au périmètre actuel.
L’acquisition, payée en numéraire, «fait ressortir un ratio de valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation un peu élevé de 7,8 fois pour 2011», estime Natixis. Elle sera financée à hauteur de 400 millions d’euros par augmentation de capital avec maintien des DPS. «Cet appel au marché, qui sera lancé dès que possible, a été jugé préférable à une augmentation de capital réservée car Fugro n’avait pas vocation à devenir un actionnaire de long terme», précise Jean-Georges Malcor, directeur général de CGGVeritas. Le parapétrolier français s’endettera à hauteur de 575 millions, sachant qu’il recevra de Fugro une soulte de 225 millions suite à la création d’une coentreprise dans les données sismiques sous-marines, détenue à 60% par le groupe néerlandais.
La sécurisation du financement est assurée par un crédit vendeur de 335 millions d’euros consenti par Fugro pour «au maximum 3 ans» et un prêt-relais de 700 millions accordé par Credit Suisse, Bank of America, BNP Paribas et Société Générale Ce prêt, qui porte un taux d’intérêt de 6,5%, devrait être refinancé par une émission obligataire auprès d’investisseurs américains. Avec un ratio de dette nette sur capitaux propres pro forma de 49%, le groupe élargi devrait être en mesure de conserver sa note de crédit «BB-».
Sous réserve d’une transaction bouclée «avant la fin de l’année», l’effet sera légèrement relutif «dès 2013» sur son bénéfice par action après augmentation de capital, selon le groupe français. Si le montant des synergies n’a pas encore été quantifié, Gilbert Dupont juge que celles-ci seront «principalement des synergies commerciales». L’action a cédé hier 5,3% pour terminer à 24,4 euros à Paris.
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