Cevital se positionne dans le rachat de Lapeyre
Entamé en septembre 2019, le difficile processus de cession de Lapeyre, piloté par BNP Paribas, devrait connaître son dénouement dans les prochains jours. Mais le duel qui opposait les fonds de retournement Mutares et Verdoso et dont L’Agefi s’était fait écho au début du mois a depuis volé en éclats avec l’arrivée d’un troisième prétendant. Selon nos informations, Saint-Gobain a en effet ouvert la porte à Cevital. Le conglomérat industriel algérien signerait ainsi son grand retour sur la scène tricolore, six ans après avoir repris à la barre du tribunal de commerce de Nanterre l’ancien leader français de l’électroménager FagorBrandt. A l’époque, l’opération lui avait notamment permis de mettre la main sur les marques Brandt, Sauter, Vedette et De Dietrich et de sauver 1.200 emplois sur les 1.800 que comptait l’industriel tricolore. Pour certains, l’émergence de la première entreprise privée d’Algérie dans le dossier Lapeyre est perçue comme un moindre mal. Mais pour d’autres, les affaires judiciaires qui ont touché Cevital inquiètent.
Passif judiciaire
Le PDG Issad Rebrab, ainsi qu’une filiale allemande du groupe, Evcon, ont été poursuivis en Algérie pour «infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger», «faux et usage de faux» et «fausse déclaration douanière». Procédure qui a abouti le 1er janvier 2020 à la condamnation du dirigeant à dix-huit mois de prison, dont six fermes. Ce dernier a toutefois été libéré dans la foulée du verdict, après avoir déjà passé huit mois en détention provisoire. A l’issue de cette condamnation, la première fortune d’Algérie et Evcon ont aussi été condamnés à des amendes respectives d’environ 10 et 21 millions d’euros. Issad Rebrab a toujours nié les faits qui lui ont été reprochés.
Dans l’Hexagone, Cevital s’était aussi illustré en 2013 en reprenant le fabricant de menuiseries PVC Oxxo. Et il y a deux ans, Emmanuel Macron avait inauguré un nouveau site d’Evcon dans les Ardennes, près de Charleville-Mèzieres. Un dernier projet qui n’a cependant pas encore vu le jour. En se positionnant sur la reprise de Lapeyre, le conglomérat va devoir répondre à une urgence. La situation financière de la filiale de Saint-Gobain ne cesse de se dégrader et tablerait sur un Ebitda négatif de près de 100 millions d’euros l’année prochaine, a appris L’Agefi.
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