Cerba consolide le secteur français des laboratoires d’analyses médicales
Les velléités d’acquisitions de Cerba European Lab étaient connues. Mais le groupe de laboratoires de biologie médicale (LBM), propriété du fonds PAI Partners, n’était pas nécessairement attendu sur une opération de cette envergure. Il est en passe de prendre le contrôle de Novescia, l’un de ses principaux concurrents français, construit sur les anciennes activités d’analyses biologiques de la Générale de Santé et un temps soutenu par Acto Capital.
Un accord a été conclu sur une valeur d’entreprise de 275 millions d’euros. Cerba n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette acquisition encore soumise à l’obtention de diverses autorisations administratives.
Fitch s’est déjà inquiété des conséquences de l’opération pour le profil de crédit de Cerba. L’agence de notation a placé sa note B+ sous perspective négative. Elle reconnaît que «l’acquisition doit permettre d’augmenter sa taille et de renforcer sa position le marché français» mais elle craint que «la volonté du groupe de financer l’intégralité de la somme par de la dette supplémentaire» tende un peu plus la situation financière. Selon l’agence, le ratio cash-flows sur la dette dépassera 6,5 pour 2015-2016, et les cash-flows couvriront moins de deux fois les intérêts. Elle pointe également du doigt le risque d’intégration d’un acteur de cette taille, sur un segment, les laboratoires dits de premier recours, qui n’est pas l’ADN historique de Cerba. Le groupe s’est initialement développé dans les analyses spécialisées, notamment à l’attention des cliniques.
Ce mouvement illustre une concentration de plus en plus forte du secteur des LBM. «Les laboratoires indépendants, détenus par des médecins biologistes, sont pris en étau entre une baisse continue des tarifs réglementés et des charges de fonctionnement importantes», explique un bon connaisseur du secteur, ce qui les pousse à se regrouper pour mutualiser les coûts et essayer de les réduire plus rapidement que la baisse des tarifs. Tous les grands acteurs sont aujourd’hui entre les mains de fonds de private equity, attirés par la possibilité de mettre en place des stratégies de build-up.
Mais ce secteur, extrêmement réglementé, n’est pas sans risque. Face à un levier insoutenable, Biomnis a été repris en 2013 par Axa Private Equity (devenu Ardian), son principal créancier, reléguant Duke Street au rang de simple actionnaire minoritaire.
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