Casino tire à boulets rouges sur le projet financier de Carrefour au Brésil
Casino persiste et signe. A l’issue d’un conseil extraordinaire, les administrateurs du groupe ont estimé hier «contraires aux intérêts de GPA, de l’ensemble de ses actionnaires et de Casino» le projet de fusion entre GPA et les activités brésiliennes de Carrefour. La seule voix discordante, celle d’Abilio Diniz, semble pourtant vaciller. Le président de GPA aurait selon Reuters décidé d’abandonner le projet, alors que le Financial Times estime qu’il serait à la recherche d’investisseurs alternatifs à la BNDES. Il détaillera son point de vue le 2 août prochain lors du conseil de Wilkes, entité de contrôle de GPA.
Casino critique le «renforcement significatif sur un format en déclin», celui des hypermarchés, qui serait mis en œuvre dans ce projet, ainsi qu’un développement géographique non maîtrisé de GPA «dans des régions en faible croissance». Les estimations de synergies communiquées (3,2% du chiffre d’affaires combiné 2010) sont jugées surévaluées par rapport aux 1% annoncés lors de 10 opérations comparables, compte tenu notamment des désinvestissements nécessaires pour des raisons concurrentielles.
GPA serait par ailleurs transformé en un holding financier qui détiendrait 50% de ses actifs brésiliens plus 11,7% de Carrefour, l’ensemble étant consolidé par mise en équivalence à partir de 2013. Le plafonnement à 15% des droits de vote, «contraire aux principes de gouvernance moderne», se combinerait à un actionnariat disparate qui donnerait lieu à une forte décote pour cette holding devenant cotée. Selon Casino, cette décote «ferait courir le risque d’une destruction de valeur pour les actionnaires de GPA».
Ces derniers subiraient enfin «une dilution massive et injustifiable», résultant de l’entrée de partenaires financiers, BTG Pactual et la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES). Cette entrée s’effectuerait avec une décote de 21% par rapport à la valeur intrinsèque de GPA, «sans que les actionnaires actuels ne bénéficient d’un droit préférentiel de souscription».
L’entrée de BNDES au capital de GPA est d’ailleurs compromise depuis que le ministre des Finances brésilien Guido Mantega a renvoyé ce dossier à la sphère privée et commerciale. La justice brésilienne a ouvert une enquête et demandé des comptes à BNDES. Carrefour, qui présente aujourd’hui ses ventes trimestrielles, a réaffirmé hier soir «le véritable potentiel de création de valeur» de son projet.
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