Casino protège sa notation grâce à l’appétit actuel pour la dette perpétuelle
Après EDF, GDF Suez ou Veolia en France, KPN, Telecom Italia, Enel ou Telefonica en Europe, Casino s’est lancé la semaine dernière sur le marché de la dette perpétuelle. Le distributeur a émis 750 millions d’euros. Les titres offrent une première option de remboursement le 31 janvier 2019 et portent un coupon de 4,87% jusqu’à cette date, avec une réinitialisation du taux tous les 5 ans par la suite. Deutsche Bank et JPMorgan ont coordonné l’opération, tandis que Barclays, Citi, RBS, SG CIB et UBS ont agi comme chefs de file.
L’opération permet à Casino de renforcer ses fonds propres sans diluer ses actionnaires, alors que sa notation BBB-, dernier cran de l’investment grade, offre une marge de manœuvre limitée. Une dégradation du groupe entraînerait le déclenchement d’une clause dite de «step up» qui renchérirait automatiquement la dette obligataire de Casino de 125 points de base.
Conformément aux normes IFRS, les titres, subordonnés à toute dette senior, seront comptabilisés en fonds propres et les coupons en dividendes. Les agences de notation les traitent en revanche de façon intermédiaire : la moitié du montant de l’émission est comptabilisée en fonds propres, le solde en dette. Selon les calculs d’un analyste, cette émission permettra d’améliorer d’environ 16 points de base le ratio de dette nette sur Ebitda du groupe fin 2013. S&P visait, avant l’émission, un ratio compris entre 3 et 3,2 en fin d’année, contre 3,8 en 2012.
Casino profite de la profondeur actuelle de ce marché. Selon L’Agefi Hebdo du 10 octobre, depuis janvier 2013, une quinzaine d'émetteurs ont visité ce marché pour plus de 28 milliards équivalents euros. L’opération dénote malgré tout. Les récentes émissions de dette perpétuelle provenaient de groupes de télécoms ou d’énergie, aux activités réglementées ou à cash-flows récurrents.
Il ne s’agit pas pour autant d’une émission inaugurale. Casino avait déjà émis une dette perpétuelle en 2005. Depuis 2010, cette dernière peut être remboursée au pair à l’initiative du groupe le 20 janvier de chaque année. «Toutefois, compte tenu du taux payé (2,857% pour le dernier coupon) et de son prix actuel (autour de 75%), Casino a peu d’intérêt à la rembourser», indiquaient récemment les analystes crédit de Natixis.
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