Casino dégage plus de 50% de son résultat semestriel dans les émergents
Fort de sa victoire au Brésil dans le conflit l’opposant à son partenaire Diniz et à Carrefour, Casino se veut pacifique. «Nous avons une très bonne relation avec le management, indépendant et très professionnel, de GPA», explique Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, refusant de se prononcer sur l’implication d’Abilio Diniz, dont il n’envisage pas la révocation de son siège de président non exécutif de GPA. Quant à la participation de Casino dans GPA, elle n’est pas à vendre.
De fait, la politique de développement du distributeur sur les marchés émergents est payante. Au premier semestre, l’international (essentiellement Brésil, Colombie, Thaïlande et Viêt-nam) pèse désormais 53% de son résultat opérationnel courant (ROC), contre 36% un an plus tôt, et 44% de son chiffre d’affaires (37% auparavant). Les ventes ont affiché une croissance organique de 12,8% (+15,2% sur le deuxième trimestre).
Ces performances à l’international permettent de compenser les résultats de la France. Sur son marché domestique Casino affiche une croissance interne de 6,3% des ventes (hors essence), dont +7,8% au deuxième trimestre, faisant progresser sa part de marché de 0,2 point à 13%. En revanche, le ROC de la France a chuté de 22% à 271 millions, soit une marge de 3% (-1 point), alors qu’il a bondi de 55% à l’international à 301 millions, pour une marge de 4,3% (+0,4 point).
Néanmoins, «nous sommes confiants de retrouver un niveau de ROC [France] proche de celui de 2010», assure Jean-Charles Naouri, se disant «confortable» avec le consensus de ROC pour le groupe d’environ 1,5 milliard d’euros en 2011, avant la montée dans GPA. D’ailleurs, le mois de juillet est «plutôt satisfaisant, en ligne avec le deuxième trimestre». Le groupe compte récolter au second semestre les fruits de sa politique de baisse prix chez Franprix Leader Price, qui «est en bonne position pour réaliser des acquisitions, explique Jean-Charles Naouri, même si aujourd’hui nous n’avons pas de cible envisagée».
Avec les acquisitions –Carrefour Thaïlande et montée au capital de GPA– la dette nette de Casino a flambé de 3,8 milliards fin décembre à 6,8 milliards fin juin. Pour tenir son objectif de ratio dette nette sur Ebitda inférieur à 2,2 en fin d’année (1,97 fin 2010), le groupe relève son programme de cessions et d’augmentations de capital de 700 millions à 1 milliard d’euros sur l’année, dont 680 millions sont déjà engagés.
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