Carrefour veut remettre la main sur ses galeries marchandes

En reprenant ces centres à Klépierre, le groupe serait plus libre pour gérer ses magasins et s’assurerait des revenus récurrents avec les loyers
Bruno de Roulhac
Carrefour gagnerait à racheter une partie de ses galeries marchandes - Photo : Bloomberg
Carrefour gagnerait à racheter une partie de ses galeries marchandes - Photo : Bloomberg  - 

Carrefour semble vouloir appliquer la stratégie immobilière de Casino. Le distributeur discute avec Klépierre en vue de lui racheter un portefeuille de galeries marchandes, a annoncé la foncière hier soir, confirmant une information du Figaro. «Aucun accord n’a été conclu à ce stade», précise Klépierre. Les discussions porteraient sur une centaine de galeries, en France, Espagne et Italie, pour un montant de 1,7 milliard d’euros.

Cette opération marquerait un retour en arrière. Carrefour a cédé 167 galeries marchandes à Klépierre en 2000 pour 1,6 milliard d’euros. Mais, depuis son arrivée en avril 2012, le PDG Georges Plassat a répété que cette vente était une erreur et rappelé l’importance stratégique de la politique immobilière pour le groupe. Il a nommé en juin 2013 à la tête de Carrefour Property (regroupant les activités de Carrefour Property en France, Espagne et Italie et de Carrefour Immobilier international), Jacques Ehrmann, à l’origine de la création de Mercialys, la foncière cotée détenant les centres commerciaux de Casino.

Le distributeur envisagerait de loger les galeries acquises dans une structure ad hoc, avec les centres qu’il détient déjà, selon Le Figaro. Fin 2012, les galeries commerciales de Carrefour étaient valorisées autour de 500 millions d’euros, et ont généré l’an dernier un produit de 269 millions d’euros.

Cette opération aurait du sens. D’une part, le groupe «retrouverait toute sa liberté pour réinvestir dans un parc d’hypermarchés et faire évoluer plus librement son parc», note Oddo. Kepler Cheuvreux ne croit pas «à un scénario où Carrefour ajoute les murs de ses hypermarchés dans un véhicule coté, s’il veut en garder le contrôle». D’autre part, cette reconstitution de revenus locatifs est «un facteur de stabilité pour un distributeur», ajoute Oddo, rappelant que près de 25% de l’Ebitda d’Auchan est généré par Immochan, ses centres commerciaux.

L’opération serait financée à 50% par dette – ce qui porterait le ratio d’endettement de carrefour à 46% fin 2013 contre 37% anticipé selon la Société Générale – et le solde par quelques investisseurs qui prendraient chacun un ticket de 100 à 200 millions d’euros. BNP Paribas et Kempen auraient été mandatés pour les trouver. L’espoir d’un rendement de 5,5% à 6% pour des grandes galeries ou de 6,5% à 8% pour des petites galeries, selon les chiffres d’Oddo, devrait attirer les investisseurs.

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