Carrefour devrait rester dans sa tendance baissière

Le distributeur risque d’annoncer demain une poursuite du recul de ses ventes trimestrielles en comparable, en France, en Europe et en Chine
Bruno de Roulhac
Une enseigne Carrefour à Lille Europe. Photo: PHB/Agefi
Une enseigne Carrefour à Lille Europe. Photo: PHB/Agefi  - 

Demain matin, Carrefour dévoilera son chiffre d’affaires pour le premier trimestre, attendu à 22,48 milliards par le consensus, bénéficiant notamment d’un effet calendaire de l’ordre de 2%. Comme à l’accoutumée, le directeur financier, Pierre-Jean Sivignon, présentera les comptes, mais Georges Plassat, arrivé le 2 avril dernier comme directeur général délégué, ne s’exprimera pas encore. Il devrait réserver sa première communication publique le 18 juin prochain, lors de l’AG, en prenant le siège de PDG, et dévoiler les premières lignes de sa stratégie fin août lors des semestriels.

D’ailleurs, personne n’attend de miracle à court terme, compte tenu du contexte économique et de l’ampleur de la restructuration à mener! L’action perd plus de 7% depuis le début de l’année (+2% pour le CAC 40) et près de 50% sur un an (-20% pour le CAC 40). Le redressement «sera long (3 à 4 ans) et 2012 sera probablement encore un exercice de sacrifice sur le plan des résultats et de remise en cause stratégique», note Oddo.

Sur les trois premiers mois de l’année, les ventes de Carrefour devraient confirmer la tendance du dernier trimestre. A magasins comparables, hors essence et effet calendaire, elles devraient reculer de 2% (Aurel), voire de 2,6% (Oddo), contre -1,9% au quatrième trimestre 2011. L’Europe pèse sur les performances, particulièrement l’Espagne, l’Italie et la Grèce, tandis que le marché domestique continue à souffrir.

Les ventes des hypermarchés en France (hors essence et effet calendaire) sont attendues en recul de 4,5% par Aurel, de 5% par Natixis, et de 5,7% par Oddo, contre -5% au quatrième trimestre, «en raison de la baisse de la fréquentation des magasins, qui serait liée, d’après le groupe, à l’arrêt de l’intensité promotionnelle», note Oddo, rappelant que le retour à une politique d’EDLP (every day low price), «tentée par le passé par Leclerc lui-même, est un pari très risqué dans la conjoncture et la guerre des prix actuelles sur le marché français – Leclerc avait jeté l’éponge après un semestre».

En Asie, le marché anticipe des performances mitigées, avec une poursuite de la croissance, mais un nouveau trimestre de recul de l’activité en Chine à magasins constants: -5% pour Aurel, -6% pour Natixis et -7,8% pour Oddo. La seule bonne nouvelle devrait toujours provenir d’Amérique latine, avec une croissance de l’activité au Brésil en comparable attendue autour de 6%.

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