Carlsberg paie son exposition à la Russie
Carlsberg, quatrième brasseur mondial, a annoncé hier s'être lancé dans une «révision de sa stratégie», dont les résultats seront communiqués au cours du premier semestre 2016. Le directeur financier Jorn Jensen a toutefois indiqué que des fermetures de brasseries n’étaient pas envisagées. L’ouverture de ce chantier suit une chute importante de ses bénéfices au deuxième trimestre et une réduction des prévisions de résultats pour son exercice 2015.
«La première moitié de 2015 a été difficile pour le groupe, dont les résultats en Europe occidentale ont été plus faibles que prévu, et en raison de la baisse du marché en Europe orientale. […] C’est pourquoi nous ne nous attendons pas, pour l’année entière, à ce que les performances enregistrées en Asie suffisent à compenser les résultats inférieurs aux prévisions en Europe de l’Ouest et les conditions de marché difficiles en Europe de l’Est», indique le directeur général Cees ‘t Hart, qui a rejoint le groupe danois le 15 juin, succédant à Jorgen Buhl Rasmussen. Il prévoit désormais un «léger recul» de son bénéfice d’exploitation «organique» (hors acquisitions et effet de change) en 2015, alors qu’il anticipait à l’origine une croissance de 5 à 10%.
La réaction des investisseurs a été prompte. Le titre a perdu jusqu’à 11,44% en journée, réalisant la plus mauvaise performance de l’indice paneuropéen FTSEurofirst 300, pour terminer la séance en baisse de 9,24%, à 535,50 couronnes. En mai dernier, le marché n’avait pas été dupe de la confirmation des objectifs du groupe à l’occasion de la publication de ses comptes du premier trimestre: malgré un bénéfice supérieur aux anticipations du marché, ce simple maintien confirmait en creux ses difficultés en Russie.
Au deuxième trimestre, le bénéfice d’exploitation organique a reculé de 15% par rapport à l’année dernière, à 2,92 milliards de couronnes (391 millions d’euros), alors que le consensus Reuters prévoyait en moyenne 3,24 milliards. Le résultat net a lui perdu 23%, tombant à 1,73 milliard de couronnes.
Carlsberg a été victime des intempéries en Europe du Nord (faisant chuter la consommation de bière) et n’a pas atteint son objectif d’économies fixé pour la période. Le marché de la bière a chuté de 9% en Russie (où Carlsberg est numéro un) et de 17% en Ukraine. En conséquence, les revenus organiques du groupe en Europe orientale ont baissé de 26%. A l’inverse, ils ont bondi de 34% en Asie.
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