Carlos Slim prend un peu plus ses distances avec KPN
Carlos Slim prend acte de l’échec de sa stratégie d’expansion européenne via les Pays-Bas. America Movil, le groupe de télécoms de l’homme d’affaires mexicain, a lancé hier une nouvelle émission d’obligations échangeables en actions KPN lui permettant d’organiser sa sortie à moyen terme du capital de l’opérateur historique néerlandais. Il avait déjà procédé à une première émission d’échangeables en titres KPN en mai dernier pour un montant de 3 milliards d’euros. Cette fois, la taille de l’émission est plus modeste, à 750 millions d’euros.
Placées par Deutsche Bank, avec BofA Merrill Lynch et UBS comme co-chefs de file, les obligations échangeables arriveront à maturité en 2018. Elles paient un coupon de 5,25%, en bas de la fourchette proposée aux investisseurs, auquel s’ajoutera un montant additionnel à hauteur de 85% des dividendes et autres distributions versés par KPN aux détenteurs d’actions ordinaires. Le cours d’échange sera déterminé avec une prime maximale de 27,5% par rapport au prix de référence de l’action. America Movil s’est engagé à ne plus placer de nouvelles actions KPN ou titres donnant accès à du capital au cours des 3 prochains mois.
America Movil détient 21,1% du capital de KPN, une participation qu’il avait notamment construite en participant en 2013 à l’augmentation de capital de l’opérateur néerlandais. Mais le groupe mexicain n’a jamais réussi à en prendre le contrôle, renonçant fin 2013 à un projet d’OPA hostile.
Ces deux émissions successives d’échangeables marquent donc son retrait annoncé du capital mais permettent aussi au groupe mexicain de valoriser dès à présent son investissement, tout en conservant la possibilité de bénéficier d’une prime potentielle à l’échéance. America Movil a déboursé environ 3,24 euros par action KPN pour constituer sa participation. Hier soir, à la clôture, le cours de l’opérateur néerlandais s’élevait à 3,30 euros.
La sortie annoncée de Carlos Slim a relancé la spéculation sur l’avenir de KPN. Depuis quelques semaines, la rumeur d’un intérêt d’Altice circule régulièrement. En juillet, Dexter Goei, le directeur général du groupe de Patrick Drahi, a assuré qu’Altice n’était pas intéressé, préférant se concentrer sur l’intégration de SFR, de Portugal Telecom et sur la conclusion du rachat de l’américain Suddenlink.
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