Carlos Slim négocie une entrée au capital de FCC pour étendre sa présence en Europe
Après les télécoms, la construction. Carlos Slim continue de profiter de la crise en Europe pour étendre sa présence sur le Vieux Continent. Déjà actionnaire des opérateurs de télécoms KPN et Telekom Austria, le milliardaire mexicain devrait devenir le premier actionnaire du groupe espagnol de construction FCC, aux côtés de sa propriétaire historique Esther Koplowitz. Des discussions exclusives sont en cours entre Inmobiliaria Carso, l’une des sociétés de Carlos Slim, et B-1998, la holding d’Esther Koplowitz.
Initialement, B-1998 espérait trouver un accord avec George Soros. Mais les discussions avec l’homme d’affaires américain n’ont pu aboutir, a indiqué hier FCC, sans plus d’explication. L’un des points d’achoppement porterait notamment sur les droits de gouvernance que souhaitait George Soros mais qu’Esther Koplowitz ne semblait pas prête à lui accorder.
Esther Koplowitz a absolument besoin de trouver un accord avec un partenaire financier pour maintenir sa présence au capital. Endettée et privée de sa principale ressource depuis que FCC a dû supprimer dès 2012 le versement du dividende, sa holding B-1998 est incapable de participer à la hauteur de sa participation de 43,47% à l’augmentation de capital d’un milliard d’euros projetée par FCC. Esther Koplowitz détient 6,63% supplémentaires via la structure Azate. La cession à Carlos Slim d’une partie des droits préférentiels de souscription émis dans cette opération permettrait à B-1998 de souscrire à l’augmentation de capital. Les bases de l’accord négociées avec George Soros prévoyaient que ce dernier détienne 25 % du capital de FCC une fois la recapitalisation effectuée, soit autant qu’Esther Koplowitz. Les détails des discussions avec Carlos Slim n’ont pas été communiqués.
Approuvé en octobre dernier, le projet d’augmentation de capital de FCC est crucial pour le groupe de construction espagnol. Les fonds levés à cette occasion doivent servir à rembourser 1,35 milliard de dette PIK (payment-in-kind) extrêmement onéreuse. Cette tranche, dite B, paie des marges progressives au fil de ses quatre années de maturité, de Euribor +11% la première année, à +16% la dernière. La marge peut être réduite à 6% en cas de remboursement anticipé partiel.
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