BT joue habilement de la concurrence entre Telefonica et Orange-Deutsche Telekom
BT est dans un fauteuil. Le groupe de télécoms britannique n’a toujours pas choisi entre O2 et EE. Et il n’a pas intérêt à se décider trop rapidement. Après avoir fait monter le risque ces derniers mois d’une nouvelle menace commerciale dans le secteur, en achetant des fréquences 4G et en projetant de lancer son propre opérateur, BT fait habilement jouer à plein la concurrence entre Telefonica et le duo Orange-Deutsche Telekom. Le perdant se retrouverait en effet confronté à l’émergence d’un concurrent redoutable, capable de s’appuyer sur la convergence fixe-mobile pour gagner des parts de marché. Ce qui fragiliserait la valeur de son activité britannique.
Hutchison Whampoa, le propriétaire du quatrième opérateur mobile britannique, 3 Group, a d’ailleurs commencé à se positionner. Le groupe d’origine hongkongaise prépare une offre d’achat sur celui de ses concurrents EE ou O2 qui sortira perdant de la bataille en cours pour une alliance avec BT, indiquait Reuters la semaine dernière.
En dehors de cet aspect tactique, BT doit également peser les avantages stratégiques des deux options avant de se décider. Sur le papier, le schéma O2 paraît plus simple. Outre une histoire commune, puisque O2 était l’ancienne filiale mobile de BT jusqu’au milieu des années 2000, l’opérateur mobile est détenu par un seul actionnaire, Telefonica, qui plus est visiblement motivé à l’idée de trouver un accord. Vendredi, le groupe espagnol a publiquement fait savoir que son président souhaite une «alliance globale» avec BT. Il a ajouté qu’il était favorable à une transaction en numéraire et en actions, afin de faciliter le financement pour BT.
En face, EE est plus intéressant sur le plan industriel, avec 25 millions d’abonnés, contre 22 millions pour O2, et un portefeuille de fréquences nettement plus riche que celui de son concurrent. Les analystes de Raymond James chiffrent à près de 3 milliards de livres la valeur actualisée des synergies d’une fusion BT-EE contre 2,5 milliards pour BT-O2. Mais le double actionnariat de EE constitue un handicap, Orange et Deutsche Telekom n’étant pas nécessairement alignés. Le prix joue également défavorablement. Citigroup valorise EE à 11 milliards de livres (14 milliards d’euros) et O2 à 9,4 milliards.
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