Brasilia ferait machine arrière en retirant son soutien au projet de Carrefour
Les aventures brésiliennes des distributeurs français Carrefour et Casino vont décidément de rebondissement en rebondissement. Cette nuit, c’est une nouvelle menace qui semble peser sur le premier, Reuters rapportant de source gouvernementale locale que Brasilia a retiré son soutien au rapprochement controversé entre Carrefour et Pao de Açucar. Pour autant, le haut-fonctionnaire cité par l’agence exclut toute impasse définitive, puisqu’il croit bon de préciser que les pouvoirs publics pourraient revoir leur position si les termes de l’accord étaient modifiés. Le soutien de Brasilia apparaît important du point de vue tant politique que financier.
La Banque nationale brésilienne de développement (BNDES) avait initialement accepté de soutenir le financement de cet accord. Mais les protestations de Casino, actuel partenaire de Pao de Açucar, auraient ainsi depuis refroidi les ardeurs du gouvernement. «La façon dont l’accord a été géré a déçu (...) et le gouvernement a décidé de retirer son soutien au financement» de la BNDES indique le fonctionnaire anonyme.
Ce dernier laisse deviner selon Reuters la surprise du gouvernement de Dilma Roussef face à la véhémence de l’opposition de Casino – qui a qualifié l’accord d’«expropriation» - et de l’opinion brésilienne. Reuters souligne qu’un porte-parole de Brasilia a refusé de s’exprimer sur le sujet, tandis qu’il n’était pas possible à l’agence de joindre un représentant de Pao de Açucar.
Abilio Diniz, président du conseil d’administration de Grupo Pao de Açucar (GPA), a assuré la semaine dernière disposer d’un financement alternatif en cas de retrait de BNDES. Il sera à Paris aujourd’hui mardi pour assister à un conseil d’administration extraordinaire de Casino et répondra aux questions sur le sujet, a indiqué le groupe brésilien dans un communiqué. Casino est actionnaire de GPA à hauteur de 43,1% et en exerce le contrôle opérationnel à parité avec Abilio Diniz au sein de la holding Wilkes.
Autre continent autre affaire pour Casino, qui est selon La Tribune «tiraillé entre les affaires Diniz et Baud». Le quotidien relève que les anciens associés du distributeur au capital de Franprix et Leader Price lui réclament 550 millions d’euros. Une affaire déjà vieille de quatre ans qui ressurgit à la faveur d’un nouveau contentieux arbitral concernant la société commune Geimex.
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