BP recevra en règlement amiable 4 milliards de dollars d’Anadarko pour la marée noire

Anadarko cédera au pétrolier britannique la part de 25 % qu’il détient dans le puits à l’origine de la catastrophe dans le Golfe du Mexique
Yves-Marc Le Reour

Le soulagement est perceptible chez BP. Le pétrolier britannique a annoncé hier être parvenu à un compromis avec Anadarko, son associé dans l’exploitation du puits Macondo à l’origine de la marée noire du printemps 2010 dans le Golfe du Mexique. Le producteur d’hydrocarbures américain versera 4 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros) à BP «en échange de l’abandon de l’ensemble des poursuites engagées par chacune des parties contre l’autre».

Versé en une seule fois dans les 45 jours, ce paiement en numéraire sera financé «sur notre trésorerie disponible et en tirant sur une ligne de crédit de 5 milliards de dollars», précise Anadarko qui prévoit de céder des actifs au Brésil en 2012 pour rembourser cette dette. L’accord, qui exclut toute amende ou dommages et intérêts punitifs susceptibles d’être versés par les parties, lui offre en outre la possibilité de toucher 12,5% des sommes recouvrées auprès des parties tierce ou des assureurs, «à hauteur d’un milliard de dollars au maximum, pour un montant recouvré cumulé excédant 1,5 milliard».

Comme le pétrolier britannique avait reçu en mai dernier un peu plus d’un milliard de dollars d’une filiale de Mitsui détenant 10% de Macondo, les analystes anticipaient un versement de 2 à 3 milliards de dollars en cas de règlement du litige avec Anadarko qui possède une participation de 25% dans ce puits. Même si BP a chiffré à 40 milliards de dollars le coût total de la marée noire, l’accord conclu avec Anadarko lui est assez favorable car ce dernier va également lui transférer ses parts dans Macondo. Les 4 milliards de dollars reçus seront affectés au fonds de réserve de 20 milliards de dollars mis en place à l’été 2010 par BP pour faire face aux conséquences financières de la marée noire.

Alors qu’un procès destiné à établir les responsabilités de la catastrophe est prévu en février 2012 à la Nouvelle-Orléans, ce compromis va «accroître la pression sur Transocean et Halliburton en faveur d’un règlement à l’amiable», jugent les analystes d’Oriel Securities. Propriétaire de la plate-forme Deepwater Horizon qui a explosé en avril 2010, Transocean a été accusé au printemps dernier de négligences grossières par BP, tandis que le groupe de services pétroliers Halliburton aurait dissimulé des informations capitales qui auraient pu éviter le désastre.

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