BP peine à se défaire de son statut de colosse aux pieds d’argile
Le sort n’épargne décidément pas BP. Le groupe pétrolier britannique a annoncé hier devoir renoncer à l’accord de cession, pour sept milliards de dollars, de sa participation de 60% au capital de la société latino-américaine basée en Argentine Pan American Energy (PAE), du fait du désistement de l’acheteur. Selon cet accord signé il y a un an, cette part devait être acquise par l’autre actionnaire de PAE, Bridas Energy Holdings, soutenu par son actionnaire à 50%, le chinois Cnooc. Les parties étaient libres depuis le 1er novembre de dénoncer l’accord, la finalisation de la transaction étant à l’origine attendue en juin dernier.
BP a beau souligner que la concrétisation de la transaction n’était pas aussi cruciale que l’an passé, quand le groupe avait promis des désengagements afin de régler la facture de la marée noire du Golfe du Mexique. BP assure être désormais paré à repartir de l’avant, après avoir le mois dernier reçu de la part des autorités américaines un permis de forage dans la zone de la catastrophe et estimé l’impact financier de cette dernière à 42 milliards de dollars. Sans pouvoir naturellement en mesurer l’impact en termes de réputation. BP a même assuré hier être «heureux» de retrouver un statut d’actionnaire à long terme de PAE.
Il n’empêche, l’abandon de l’opération apparaît comme un nouvel échec quelques mois seulement après que BP s’est vu refuser cet été tout accès indépendant aux réserves de l’Arctique russe, Rosneft ayant finalement choisi une alliance avec ExxonMobil. La nouvelle pourrait mettre en péril la promesse de BP d’augmentation du dividende l’an prochain. Le groupe britannique, qui «étudiera toutes les options stratégiques concernant PAE», remboursera d’ici quelques jours à Bridas un versement initial de 3,5 milliards de dollars reçu fin 2010.
BP a souligné que les prétendants n’étaient pas parvenus à obtenir les autorisations des autorités chinoises et argentines de la concurrence. De son côté, Bridas a assuré que sa décision n’était nullement liée à la crise de la dette européenne ni aux récentes annonces de la présidente argentine Cristina Kirchner. Cette dernière a imposé aux sociétés pétrolières locales de rapatrier l’ensemble de leurs bénéfices internationaux. Un signe d’interventionnisme qui avait entraîné la dégradation de la notation de PAE par Moody’s et Fitch.
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