Bouygues tente de forcer la porte des discussions entre Altice et Vivendi
Bouygues ne s’avoue pas vaincu. Le groupe a déposé hier auprès du conseil de surveillance de Vivendi une nouvelle offre pour SFR en dépit des négociations exclusives engagées vendredi entre le vendeur et l’acheteur potentiel, Altice-Numericable, dont l’offre a été jugée «plus pertinente pour les actionnaires et les salariés» de Vivendi avec «une meilleure sécurité d’exécution».
Le groupe de Martin Bouygues est désormais prêt à mettre 13,15 milliards d’euros en numéraire sur la table, soit 1,85 milliard de plus que dans sa précédente proposition, déjà améliorée de 800 millions d’euros par rapport à l’offre initiale du 5 mars. Altice propose 11,75 milliards en numéraire plus 32% du nouveau groupe.
Du coup, Bouygues abaisse la partie payée en titres à Vivendi. Plutôt que de recevoir 43% de l’ensemble Bouygues Telecom-SFR, il n’en détiendrait plus que 21,5%. Bouygues aurait 67%. Le solde serait détenu par la famille Decaux, actionnaire historique de Bouygues Telecom, et par deux nouveaux investisseurs: François Pinault et la Caisse des dépôts. L’intervention du bras financier de l’Etat, pour 300 millions d’euros contre 3% du nouvel ensemble, confirme un peu plus le soutien du gouvernement en faveur de Bouygues.
Enfin, pour supprimer l’un des principaux handicaps de son offre, Bouygues ajoute que «d’autres investisseurs pourraient également participer pour proposer à Vivendi l’acquisition du solde de sa participation résiduelle». Ceci éviterait à Vivendi d’attendre une cotation de l’ensemble BT-SFR pour revendre ses titres. En revanche, au bout du compte, la proposition de Bouygues, post-synergies, revient à 17,4 milliards contre près de 20 milliards auparavant.
Hier soir, Vivendi ne commentait pas, rappelant simplement que l’exclusivité avec Altice dure jusqu’au 4 avril. Le câblo-opérateur indique de son côté «travailler étroitement avec les équipes de Vivendi» et se dit «calme et serein». Pourtant, même s’il ne l’étudie pas officiellement le temps de l’exclusivité, le conseil de Vivendi ne pourra pas ignorer l’offre améliorée.
Bouygues cherche ainsi à semer le doute dans l’esprit des administrateurs de Vivendi et de ses actionnaires, forcément intéressés par une partie en numéraire supérieure de 1,4 milliard. L’Adam, saisie par des actionnaires, a déjà écrit à Vivendi pour demander des précisions sur les deux offres et pour que la cession de SFR, principal actif du groupe, soit soumise au vote de l’AG.
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