Bouygues n’exclut pas un refinancement de sa filiale de télécoms
Il n’y a pas encore péril en la demeure. Malgré une forte baisse de ses résultats, Bouygues Telecom reste largement profitable avec 559 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) au premier semestre 2012, soit une marge de 21%. Mais sous l’effet de l’accélération de la concurrence depuis l’arrivée de Free Mobile en janvier dernier, le modèle économique de la filiale télécoms du conglomérat est en train de se fissurer. «Nous sommes préoccupés par l’avenir financier de Bouygues Telecom», reconnaissent les analystes de Raymond James.
Ces dernières années, porté par ses marges, Bouygues Telecom était devenu, et de loin, le premier contributeur de résultats et de cash-flow pour la maison mère. En 2010 par exemple, avant que les premiers effets de l’arrivée de Free dans le mobile ne commencent à se faire sentir, Bouygues Telecom avait généré à lui seul 1,3 milliard d’euros d’Ebitda. Cette année, le chiffre tombera à 900 millions. En 2010, il assurait la moitié des cash-flows libres de Bouygues. A fin juin, sa part est tombée à 21%.
L’opérateur de télécoms est pris en étau entre la dégradation de son Ebitda et la nécessité d’investir toujours autant dans son réseau, à la fois pour supporter la croissance de la consommation de données de ses abonnés mais aussi lancer les nouvelles technologies de téléphonie mobile. L’opérateur de télécoms prévoit ainsi d’investir 856 millions d’euros cette année, soit autant qu’en 2011, mais déboursera 683 millions d’euros supplémentaires pour l’acquisition des fréquences 4G dites à très haut débit. Et pour les cinq prochaines années, Bouygues Telecom a planifié 4 milliards d’euros d’investissements, dont 2,5 milliards dans ses infrastructures de réseaux.
Or, cette année, l’Ebitda ne devait pas permettre de couvrir le niveau des investissements. Au début de l’été, la direction de Bouygues Telecom avait reconnu auprès du gouvernement envisager une opération de refinancement pour compenser la baisse du cash-flow liée à l’acquisition des fréquences 4G. Les actionnaires de l’opérateur (Bouygues, Groupe Decaux) qui avaient récupéré entre 2006 et début 2012 plus de 2,8 milliards de dividende, soit l’intégralité de leurs apports en capitaux depuis 1994, devraient ainsi être de nouveau mis à contribution.
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