BlackRock dénonce les dérives du marché des introductions en Bourse en Europe
BlackRock fait une nouvelle fois entendre sa voix contre les risques de dérives du marché des introductions en Bourse, hyperactif au premier semestre. Après avoir publiquement critiqué en 2011, juste après l’IPO record de Glencore, l’usage de valorisations «irréalistes», le premier gérant mondial s’inquiète de la qualité des dossiers récemment vendus en Bourse en Europe. Dans un mail révélé par le Financial Times, Rob Leach, le directeur des activités de marchés de capitaux de BlacRock pour la zone Europe-Moyen Orient-Afrique, interpelle les banquiers sur la pauvreté des performances des IPO au premier semestre et leur demande de s’interroger sur la façon dont la trajectoire pourrait être inversée avant la reprise attendue du marché en septembre.
En 2011, BlackRock s’interrogeait sur le risque de survalorisation qui pouvait résulter d’une inflation du nombre de banques impliquées dans les IPO. Le fonds se demande aujourd’hui si la période dite de pre-marketing, qui permet d’initier un dialogue avec les investisseurs potentiels afin de déterminer les premiers contours de la valorisation, est réellement efficace.
Pour appuyer sa critique, BlackRock a fait ses comptes: sur les 104 sociétés introduites en Bourse suivies par ses soins au premier semestre, un tiers cotent sous leur prix d’IPO. Et nombre d’entre elles étaient des entreprises détenues par des fonds de private equity. Selon les données semestrielles d’EY, le cours des sociétés mises en Bourse par des fonds d’investissement a plié de 1,6% en moyenne alors que celui des entreprises détenues par d’autres catégories d’actionnaires a progressé de 3,6%.
Rob Leach s’étonne aussi de «l’incapacité des entreprises à tenir leurs objectifs financiers et d’activité après seulement un ou deux trimestres» de cotation, pointant du doigt un «manque de prudence» voire de «capacité à auditer ces objectifs». eDreams Odigeo ou Applus, deux des plus importantes IPO de l’année en Espagne, toutes deux détenues par des fonds d’investissement, ont par exemple lancé un avertissement sur leurs résultats deux mois à peine après leur introduction à la Bourse de Madrid. Le cours d’eDreams a chuté de plus de moitié depuis l’IPO d’avril.
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