BlackBerry envisage de se vendre pour sortir de son impasse

Totalement dépassé par ses concurrents, le groupe engage une nouvelle réflexion sur son avenir. Un rachat s’annonce compliqué
Olivier Pinaud
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La direction de BlackBerry est à court d’idées pour relancer le fabricant de smartphones, aujourd’hui totalement dépassé par Apple et Samsung. Après les rumeurs de la semaine dernière, elle a reconnu hier avoir constitué un comité spécial afin d’explorer des alternatives stratégiques, parmi lesquelles des coentreprises, des partenariats voire la vente pure et simple de la société. La semaine dernière, Reuters avait évoqué des contacts avec le fonds d’investissement Silver Lake.

Ce comité sera présidé par Timothy Dattels, un ancien banquier d’investissement de Goldman Sachs qui est l’un des administrateurs de BlackBerry. Il comprendra aussi Thorsten Heins, le directeur général du groupe canadien. En revanche, Prem Watsa, PDG de la firme Fairfax Financial, premier actionnaire du groupe avec environ 10% du capital, a démissionné du conseil en raison du risque de conflit d’intérêts. Il a ajouté que Fairfax n’avait «aucune intention actuellement» de vendre ses actions BlackBerry. Le comité spécial sera conseillé par JPMorgan.

Ce n’est pas la première fois que BlackBerry lance une réflexion sur sa stratégie. Il y a un peu plus d’un an, le groupe canadien avait déjà demandé à JPMorgan et à RBC de trouver un moyen de le sortir de son impasse. En vain. La commercialisation du BlackBerry 10, nouvelle série destinée à combler le retard par rapport à Apple et à Samsung, a échoué. Lors du dernier trimestre, 2,72 millions de BlackBerry 10 ont été livrés, en dessous des 3 millions attendus. Entre 2011 et 2012, les ventes mondiales trimestrielles de BlackBerry ont quasiment été divisées par deux. Fin 2012, selon Gartner, le groupe ne détenait que 3,5% du marché des smartphones contre 20,9% pour Apple. En 2009, sa part de marché dépassait les 20%.

Possible sur le papier –BlackBerry ne pèse plus que 5,4 milliards de dollars en Bourse, bien loin de ses 58 milliards de 2008– un rachat du groupe canadien s’annonce toutefois compliqué. D’une part, il ne réglerait pas le mauvais positionnement par rapport aux concurrents. Sur ce point, l’accord industriel entre Nokia, dans la même situation que BlackBerry, et Microsoft, a montré que cela ne constituait pas une solution miracle. D’autre part, un rachat par un groupe étranger serait ardu compte tenu de la législation protectionniste du Canada.

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