BHP Billiton trébuche à son tour à cause des surcapacités dans le gaz de schiste

Le groupe a annoncé une dépréciation de 2,8 milliards de dollars sur des actifs acquis l’an dernier. Le patron de BHP renonce à son bonus
Benoît Menou
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Garder le cap dans la tempête, tel est l’exercice délicat mené vendredi par BHP Billiton en annonçant une lourde dépréciation dans le gaz de schiste aux Etats-Unis tout en confirmant sa confiance dans le potentiel de ces actifs. L’affaire a tout de même coûté leur bonus annuel à deux hauts dirigeants.

Le directeur général, Marius Kloppers, ainsi que le patron de la division pétrolière, Michael Yeager, ont en effet proposé au comité des rémunérations, qui a accepté la démarche, de renoncer à leur salaire variable au titre de l’exercice clos le 30 juin dernier après que BHP Billiton a annoncé vendredi les piteux résultats d’une revue annuelle de la valeur de ses actifs dans le gaz de schiste aux Etats-Unis et dans le nickel en Australie. La détérioration des marges pour ces derniers incitent le groupe à enregistrer une charge exceptionnelle pour dépréciation de 450 millions de dollars. Surtout, la revue aux Etats-Unis impose, selon le groupe, une dépréciation de 2,84 milliards, du fait des prix bas résultant d’une «surcapacité à court terme de l’offre». Les actifs concernés, situés à Fayetteville dans l’Arkansas, ont été rachetés en février 2011 à Chesapeake Energy pour 4,75 milliards.

Le président de BHP Billiton, Jac Nasser, n’en a pas moins rendu hommage à une équipe dirigeante «solide en ces temps difficiles». Les actifs sur la sellette «joueront un rôle important lorsque le monde fera ses futurs choix énergétiques», a assuré Marius Kloppers. Tout en qualifiant les dépréciations dévoilées vendredi de «clairement décevantes», le dirigeant a souligné que le groupe avait d’ores et déjà ajusté ses capacités de production.

Avec ces dépréciations, qui certes se révèlent inférieures aux estimations des analystes (3 à 5 milliards attendus par Citigroup, 3 à 6 milliards par JPMorgan), BHP rejoint la liste des groupes récemment contraints de revoir à la baisse la valeur de leurs actifs dans le gaz de schiste, à l’image de BP, BG Group ou Encana. Marathon Oil a annoncé la semaine dernière encore une réduction de ses capacités de production dans le secteur. Quant au geste symbolique des dirigeants de BHP Billiton sur le bonus, les directeurs général et financier de Rio Tinto l’avaient eux aussi consenti quand le groupe minier avait fait part en février dernier d’une dépréciation de 8,9 milliards de dollars, dans l’aluminium cette fois.

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