BHP Billiton gèle ses grands projets d’investissement
Victime de la forte chute des cours du minerai de fer et des métaux de base dans un contexte de ralentissement de la demande chinoise, BHP Billiton va maîtriser ses dépenses. Si le groupe minier entend mettre en œuvre sur l’exercice 2012-2013 les investissements déjà approuvés pour un montant global de 22,8 milliards de dollars, tous ses autres grands projets d’infrastructure vont être gelés sur la période.
Cela concerne en premier lieu l’expansion en Australie de la mine Olympic Dam, dont le coût était estimé à 33 milliards par Deutsche Bank. Soucieux d’agir de façon «prudente et disciplinée», le groupe explique qu’il va «continuer à étudier le développement d’une option moins gourmande en capitaux» pour développer sa production de cuivre, d’uranium et d’or sur ce site. L’extension de Peak Downs, dans le Queensland, est également «indéfiniment» repoussée.
«Nous anticipons à court terme une persistance de la volatilité du prix des matières premières en raison d’une faiblesse temporaire dans les secteurs de l’industrie et de la construction sur nos principaux marchés», prévient le directeur général Marius Kloppers, en estimant que des mesures de stimulation économique de la part de la Chine «devraient conduire à une amélioration des conditions de marché dans la première moitié de l’exercice 2012-2013».
Il n’a pas exclu que le contrôle plus strict de ses coûts et de ses investissements ait «un impact sur l’emploi dans certaines régions» en Australie, ce qui a conduit le ministre des ressources naturelles Martin Ferguson à s’alarmer des conséquences de ces mesures pour l’industrie minière du pays. La plupart des concurrents de BHP ont eux aussi reporté plusieurs milliards de dollars d’investissements.
BHP affiche une baisse de 34,8% de son bénéfice net à 15,4 milliards de dollars (12,3 milliards d’euros) sur l’exercice clos le 30 juin 2012, son premier recul annuel depuis 2009. Ce résultat est supérieur aux 14,6 milliards du consensus Bloomberg, mais la hausse des coûts d’exploitation (salariaux et de sous-traitance) et des effets de change défavorables ont largement contribué au recul de 7 points à 37,7% de sa marge d’exploitation sous-jacente d’une année sur l’autre. Le groupe anglo-australien a déprécié après impôts 1,8 milliard de dollars de survaleurs dans le gaz de schiste aux Etats-Unis, suite à la baisse des prix du gaz naturel sur ce marché.
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