BHP Billiton déprécie à nouveau ses activités de gaz de schiste
BHP Billiton continue à prendre ses pertes sur ses investissements de quelque 20 milliards de dollars réalisés dans le gaz de schiste américain. Le premier groupe minier mondial a annoncé mercredi qu’il comptabiliserait une dépréciation de 2,8 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) dans ses comptes annuels au titre de ses activités de gaz de schiste aux Etats-Unis. L’effet après impôt sera de 2 milliards. Le géant australien a par ailleurs confirmé une réduction de ses capex en fixant à 1,5 milliard de dollars le montant de ses investissements dans ses opérations onshore aux Etats-Unis cette année, contre 3,4 milliards lors de l’exercice clos au 30 juin.
Cette dépréciation est la troisième en trois ans pour le groupe de Melbourne. Elle concerne principalement le champ de Hawkville dans le Texas. BHP avait déjà annoncé des dépréciations de 328 millions de dollars en février, concernant un autre champ, et de 2,84 milliards de dollars en 2012 pour l’ensemble de ses activités de gaz de schiste et notamment le champ de Fayetteville, en Arkansas. Le groupe a renoncé début 2015 à céder ce dernier champ faute d’avoir reçu une offre à la hauteur de ses attentes, avait indiqué son directeur général, Andrew Mackenzie, en février.
Le producteur estime en revanche que ses activités onshore aux Etats-Unis dégageront un cash-flow positif sur l’exercice en cours sur la base d’un baril de brut WTI à 60 dollars et d’un prix du gaz à 3 dollars. Les deux traitaient hier à 52,6 dollars et 2,91 dollars respectivement.
BHP avait lourdement investi en 2011 dans le gaz de schiste en Arkansas, en Lousiane et au Texas, notamment en rachetant pour 12,1 milliards de dollars le producteur Petrohawk Energy. Confronté à la brutale correction des prix de l’énergie depuis un an, BHP souffre aussi des pressions sur les cours dans ses trois autres piliers: le minerai de fer, sa principale source de revenus, le cuivre et le charbon.
Le groupe publiera le 25 août ses résultats annuels clos au 30 juin. Son bénéfice avant impôt est attendu en forte baisse à 13,2 milliards de dollars sur l’exercice qui vient de s’achever, contre 22,2 milliards un an plus tôt, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.
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