BHP Billiton cherche à partager son investissement dans la potasse au Canada
L’anticipation d’une forte baisse des prix de la potasse combinée à une hausse des stocks rend BHP Billiton plus prudent dans ses investissements sur ce marché. S’il n’entend pas revenir sur son projet d’investir 2,6 milliards de dollars dans la mine canadienne de Jansen sur les 4 prochaines années, il est «en phase active» de recherche de partenaires pour partager les coûts de ce projet situé dans la province du Saskatchewan, a déclaré Andrew Mackenzie, nouveau directeur général du groupe anglo-australien. Le montant des investissements pourrait atteindre 16 milliards de dollars au total, selon les analystes de Citigroup.
La baisse attendue des prix de la potasse découle de la décision prise le mois dernier par le russe Uralkali, premier producteur mondial, de se retirer d’une coentreprise qui contrôlait 43% des exportations mondiales, ce qui devrait favoriser une fixation plus libre des cours de cette matière première. Ce bouleversement pourrait entraîner une baisse de la rentabilité du secteur qui obligerait à des réductions de capacité d’environ 6 milliards de tonnes au cours des deux prochaines années, ont récemment estimé les analystes de Goldman Sachs.
«Nous croyons fermement que le marché aura besoin d’une nouvelle source de production durant la prochaine décennie, mais le calendrier exact n’est pas encore clair», indique Andrew Mackenzie. Le groupe minier a en conséquence repoussé à 2020 la mise en production de la mine de Jansen, un gisement estimé à 5,3 millions de tonnes, alors qu’il visait initialement un début d’exploitation en 2015. «L’entreprise réitère son engagement dans le projet Jansen, en annonçant des investissements supplémentaires de 800 millions de dollars par an d’ici à 2017», jugent de leur côté les analystes de Liberum Capital, en concédant que le retard accumulé aura un impact négatif sur la valeur actualisée du projet.
Malgré une baisse de ses coûts, BHP Billiton a enregistré une baisse de 15% de son bénéfice net récurrent à 6,1 milliards de dollars au second semestre de son exercice clos le 30 juin dernier, soit 14% au-dessous du consensus des analystes, en raison du recul des cours des matières premières et du ralentissement des pays émergents. Il a enfin annoncé pour l’exercice en cours une baisse de 25% de ses investissements industriels, à 16,2 milliards de dollars.
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