Bertelsmann veut donner un vrai statut boursier à RTL Group
RTL Group bénéficiera dans les prochains jours d’un statut boursier à la hauteur de son rang de numéro un européen des médias. Bertelsmann va vendre sur le marché entre 23,2 et 25,5 millions d’actions de sa filiale, entre 54 et 62 euros par titre. La cession, qui se traduira par une entrée de RTL Group à la Bourse de Francfort, en plus des cotations actuelles à Luxembourg et Bruxelles, permettra à Bertelsmann de lever entre 1,25 et 1,58 milliard d’euros afin de financer ses projets d’acquisitions.
Après l’opération, Bertelsmann ne détiendra plus que 75% du capital, contre 92,3% actuellement. La fourchette de prix valorise 100% du capital entre 8,4 et 9,6 milliards d’euros, avec une dette nette quasiment nulle. Elle capitalise entre 6,7 et 7,7 fois l’Ebitda estimé pour 2013, soit entre 1 et 2 points de moins que le britannique ITV mais 2 à 3 points de plus que TF1. Attendu depuis des années, cet élargissement du capital de RTL Group, qui plus est sur une place financière internationale, devrait permettre de redonner un nouveau souffle boursier au groupe de médias.
Présent dans 10 pays, via 53 chaînes de télévision et 28 stations de radio, avec des positions de numéro un en Allemagne et aux Pays-Bas, et de numéro deux en France avec RTL et M6, le groupe allemand a mieux résisté à la crise ces derniers mois que les groupes du sud de l’Europe comme Mediaset. Sa filiale de production audiovisuelle Fremantle, qui assure à elle seule 33% de ses revenus et 14% de son Ebitda, constitue un coussin aux cycles du marché publicitaire. Deustche Bank valorise cet actif à 2,7 milliards d’euros. Avec sa dette nette nulle et son cash-flow disponible de l’ordre de 700 millions d’euros par an, les analystes n’excluent pas un nouveau dividende exceptionnel dans les prochaines années, après les 5,4 euros payés par action l’an dernier, en plus des 5,1 euros ordinaires.
L’offre au public s’ouvre aujourd’hui, jusqu’au 29 avril, uniquement en Allemagne et au Luxembourg. Dans les autres pays, dont la France, les titres seront proposés à des investisseurs institutionnels par placement privé.
Les premiers échanges à Francfort débuteront le 30 avril. L’opération est codirigée par Deutsche Bank et Morgan Stanley. BoA Merrill Lynch, Citigroup, Credit Suisse et Goldman Sachs sont co-teneurs de livres, secondés par BNP Paribas, Pertercam et la Société Générale. La société était conseillée par Lazard.
Plus d'articles du même thème
-
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures. -
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026. -
Les banques françaises et étrangères ont un fort appétit en termes de financement
Pour se financer, les entreprises doivent profiter de l'importante liquidité des banques françaises et étrangères tout autant que du marché obligataire jugé très "attractif", par le cabinet de financement Redbridge dans son point sur les tendances des marchés de dette corporate.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Contenu de nos partenaires
-
TribunePourquoi Jean-Luc Mélenchon est l’antithèse de Jean Moulin
Pour le politiste, il y a « quelque chose d’obscène » à voir l'insoumis agiter le drapeau de l’« antifascisme », en faisant croire à une jeunesse authentiquement anti-RN qu’il s’inscrit dans la lignée des grands résistants. Une posture qui servirait, selon lui, à « couvrir une complicité bien établie avec le régime poutinien » -
Identités« Eux et nous », dépasser le manichéisme
Cette façon de poser le débat est caractéristique du populisme qui désigne des « ennemis du peuple », un peuple qu’il prétend représenter, un peuple pur, qui serait totalement homogène, qu’ils opposent aux élites qui l’ont trahi -
IA : l’UE préoccupée par les restrictions américaines sur les modèles d’Anthropic
La décision américaine d’imposer des restrictions à l’exportation sur les modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic suscite les inquiétudes de la Commission européenne, qui redoute leurs conséquences pour les utilisateurs européens