Bertelsmann réussit à élargir le flottant de RTL
Malgré le rebond des indices boursiers, les investisseurs actions ne sont pas prêts à faire des folies. Pour la mise sur le marché d’un bloc de 15% minimum du capital de RTL, Bertelsmann est parvenu à ses fins mais en contenant ses ambitions. Le conglomérat allemand avait annoncé au marché une fourchette de 54 à 62 euros par titre en vue de vendre 23,2 millions d’actions RTL, et jusqu’à 25,5 millions selon la demande. Lundi matin, les banquiers en charge du placement ont resserré une première fois la fourchette de prix, entre 54 et 56,5 euros, puis une deuxième fois, entre 55 et 56 euros. Le prix a été fixé à 55,5 euros avant la première cotation des titres, aujourd’hui à Francfort.
«C’est une opération encourageante pour le marché car les titres n’étaient pas proposés à un prix bradé. Bertelsmann se plaçait avant tout dans une optique patrimoniale», nuance Thierry Olive, responsable mondial du primaire actions chez BNP Paribas. Le cours du titre au Luxembourg et à Bruxelles, où RTL est déjà coté mais sans liquidité, laissait aussi prévoir le prix final, puisque l’action traitait ces derniers jours sous les 57 euros. A ce prix-là, la filiale de radio et de télévision est valorisée environ 8,6 milliards d’euros, ou 7 fois l’Ebitda, avec une dette quasi nulle.
Bertelsmann empoche donc 1,4 milliard d’euros, après surallocation, une manne qu’il compte utiliser pour des acquisitions. Il conservera 75% du capital de sa filiale. L’élargissement du flottant doit permettre à la société de trouver enfin un vrai statut boursier. «RTL Group devient un candidat à l’entrée dans l’indice BEL20», estime Margo Joris, analyste actions chez KBC Securities, qui a relevé hier son objectif de cours à 70 euros. Avec un flottant valorisé à environ 2,2 milliards d’euros, le groupe se classerait en treizième place de l’indice belge sur ce critère.
L’offre était uniquement ouverte au public en Allemagne et au Luxembourg. Ailleurs, elle était réservée aux investisseurs institutionnels. Ces derniers auraient surtout répondu présent en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Outre Lazard, conseil de Bertelsmann, neuf banques ont travaillé sur le placement. Deutsche Bank et Morgan Stanley dirigeaient l’offre publique. BoA Merrill, Citigroup, Credit Suisse et Goldman Sachs étaient co-teneurs de livre. BNP Paribas, Petercam et la Société Générale ont eu un rôle plus « junior ».
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