Berlin envisage de s’octroyer la part de Daimler au capital d’EADS
L’Allemagne n’entend pas laisser la France seul maître à bord dans EADS. Le gouvernement allemand envisagerait de racheter à Daimler une part du capital qu’il détient dans le constructeur aéronautique et aérospatial européen, selon le Financial Times. Berlin chercherait ainsi à contrebalancer la participation de 22,5% détenue à la fois par le groupe de médias français Lagardère (à hauteur de 7,5%) et par l’Etat français (à hauteur de 15%) et ainsi à s’assurer qu’une partie de la production d’EADS resterait en Allemagne.
Le constructeur automobile allemand est pressé de céder une première tranche de 7,5% des 15% qu’il détient dans EADS. Or, pour le moment, aucun acquéreur ne s’est manifesté. Un responsable gouvernemental cité par le quotidien britannique a même qualifié la quête d’un acheteur pour cette participation de 7,5% dans le constructeur d’Airbus comme «sans espoir». Daimler possédait initialement 22,5% du capital d’EADS, mais a déjà cédé une participation de 7,5% à un consortium mené par Goldman Sachs et Deutsche Bank tout en conservant les droits de vote liés à cette participation.
La banque publique de développement KfW se préparerait à mettre 2,5 milliards d’euros sur la table pour racheter la première part de 7,5% cédée par Daimler, puis une part supplémentaire de 7,5% que le constructeur automobile compte céder l’an prochain. Un responsable du parti libéral aurait assuré que la «solution KfW» serait aujourd’hui «la plus probable».
Une entrée de l’Etat allemand dans le capital d’EADS avait déjà été évoquée en février. Si le parti politique de la chancelière, Angela Merkel, y était favorable, leurs partenaires libéraux du parti «Free Democrat» espéraient encore trouver une repreneur privé. Las, le directeur général de Daimler, Dieter Zetsche, avait exhorté Berlin en juin dernier de mettre fin à «des discussions sans fin».
Mais avec un tiers du capital d’EADS dans les mains des Etats français et allemand, le constructeur européen pourrait se heurter à de plus grandes difficultés pour vendre ses équipements de défense à d’autres gouvernements, alors que Daimler apportait une expertise technique au sein du groupe. Sans compter que la cession des 7,5% détenus par Lagardère devient de plus en plus probable (voir page 10). Louis Gallois, le président exécutif d’EADS, avait d’ailleurs alerté en juin dernier sur la réforme souhaitable de la structure d’actionnariat du groupe.
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