Axéréal joue la complémentarité entre Euro PP et crédit syndiqué
Les coopératives viennent sur le marché de l’Euro PP. Après l’émission d’Agrial en 2013 pour 95 millions d’euros, Axéréal lui a emboîté le pas à l’occasion du refinancement de 1,2 milliard d’euros de dette. Bouclée fin mars, l’opération n’a été rendue publique que la semaine dernière. Le premier collecteur de grains français, connu pour son meunier Banette, a placé un Euro PP de 150 millions d’euros, en deux tranches, auprès de 10 investisseurs, dont un étranger. L’émission complète un crédit syndiqué de 775 millions d’euros à 5 ans et 300 millions d’euros de lignes de financement auprès de FranceAgriMer.
«L’Euro PP a permis de réduire en partie le montant du financement bancaire, ce qui donne aux banques une plus grande souplesse au niveau de la documentation du crédit syndiqué et leur apporte des marges de manœuvre pour accompagner les développements futurs», explique Sébastien Essioux, le directeur financier d’Axéréal. «La négociation en parallèle du crédit syndiqué et de l’Euro PP assure la garantie de traitement entre les deux familles de créanciers. Cela permet également à l’émetteur de demander aux équipes crédit et obligataire de ses banques de communiquer entre elles pour optimiser les termes de l’opération», appuie Laurent Pellerin, directeur exécutif dans l’équipe placements privés européens chez Crédit Agricole CIB, qui a arrangé l’Euro PP et le crédit syndiqué avec la Société Générale et Natixis. Oddo conseillait la société.
La coopérative, qui dégage 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 112 millions d’Ebitda, aurait pu aller au-delà de 150 millions d’euros mais Sébastien Essioux a «cherché le bon équilibre entre les avantages apportés par la désintermédiation et son coût, un Euro PP étant par nature plus coûteux qu’un crédit syndiqué en raison de sa structure in fine combinée à sa maturité plus longue».
«Axéréal était un excellent prétendant à ce type de financement désintermédié, avec des positions fortes sur un secteur déjà connu et apprécié par les investisseurs», indique Carol Agard, directeur global capital markets à la Société Générale. «Historiquement dépendantes du financement bancaire, les coopératives ont fait évoluer leur modèle économique ces dernières années pour avoir la capacité d’accéder aux marchés obligataires», ajoute Laurent Pellerin. En développant les activités de services, et au moyen de couvertures, Axéréal n’est ainsi quasiment plus exposée à la volatilité du prix du blé.
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