Atos s’active dans les services de paiement
Atos a fait du développement de Worldline, sa filiale de services de paiement, l’une de ses priorités pour 2014. En plus d’avoir enclenché le processus d’introduction en bourse de cette activité, la société de services informatiques négocie en parallèle le rachat d’un concurrent européen afin de renforcer la position de numéro un de Worldline sur le Vieux Continent. Selon le quotidien danois Borsen, Atos étudie le dossier de rachat de Nets. Numéro deux européen, le groupe danois est contrôlé par un consortium d'établissements financiers nordiques et par la banque centrale danoise. Contacté par Reuters, Atos a refusé de commenter ces informations.
«Nous pensons que Worldline est le meilleur partenaire industriel pour Nets afin de créer un PSP (payment service provider) leader en Europe continentale, loin devant l’américain First Data», indiquaient mi-décembre les analystes de Natixis à l’issue d’un séminaire organisé à Londres sur le secteur des services de paiement. Une acquisition de la taille de Nets, dont le prix estimé évolue autour de 1,5 milliard d’euros, soit environ 2 fois le chiffre d’affaires annuel, permettait à Worldline de se comparer à First Data ou au sud-américain Cielo. Nets réalise environ 800 millions d’euros de chiffre d’affaires, derrière le milliard de Worldline mais juste devant les 700 millions dégagés par First Data en Europe ou par WorldPay.
Pour cette opération, Atos serait conseillé par Deutsche Bank et BNP Paribas, tandis que JPMorgan piloterait le processus de cession de Nets. La société danoise pourrait intéresser d’autres acquéreurs dans un secteur en pleine recomposition. Les banques sont incitées par les nouvelles réglementations Bâle 3 ou Sepa à sortir du métier des services de paiement.
First Data est passé entre les mains de KKR en 2007. RBS a cédé WorldPay en 2010 aux fonds Bain et Advent. Plus récemment, au début du mois de décembre, UniCredit, Intesa Sanpaolo, Monte dei Paschi et BNL ont vendu 59,3% du capital de SIA à un consortium composé du Fonds stratégique italien, de F2i et d’Orizzonte, pour une valorisation totale de 765 millions d’euros. Avec un capital réparti entre DZ Bank, ICBPI, ABN Amro, ING et Rabobank, Equens fait également figure de cible potentielle, tout comme Concardis ou B+S, estiment les analystes de Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester