Atos change de profil en faisant des Etats-Unis son premier marché
Atos a fait le saut que le marché attendait. En reprenant les activités de services informatiques de Xerox, la SSII française va tripler de taille aux Etats-Unis au point d’en faire son premier marché. Son chiffre d’affaires passera de 0,6 milliard d’euros à 1,7 milliard d’euros. Sa part de chiffre d’affaires réalisée aux Etats-Unis devrait ainsi passer de 6% à 17%.
Les activités d’externalisation informatique de Xerox ont généré un chiffre d’affaires estimé à 1,05 milliard de dollars pour une marge opérationnelle de l’ordre de 8% en 2014. Elles emploient 9.800 personnes dans 45 pays, dont 4.500 aux Etats-Unis. Atos va également intégrer le top 5 des SSII mondiales. Les Etats-Unis représentent à eux seuls 47% des dépenses mondiales en informatique selon Gartner. Thierry Breton, le PDG d’Atos, avait fait de ce mouvement américain l’une des priorités du plan stratégique à 2016. Il applique pour cela la recette préférée d’Atos: la reprise d’une division de services informatiques d’un industriel. Le groupe français a construit ses positions en Europe avec la reprise d’Origin, la filiale d’IT de Philips, en 2000, puis de celle de Siemens en 2010, avec à chaque fois une sécurisation des contrats avec l’ancien propriétaire. Xerox s’est engagé à confier à Atos ses contrats de services informatiques.
Seule différence cette fois: l’opération est financée en cash alors que les deux précédentes prévoyaient une composante en actions. Atos va puiser 840 millions d’euros dans ses ressources, plus un complément éventuel de 40 millions d’euros au moment de la signature en fonction de certains éléments qui ne sont pas précisés. Le prix s’entend sur la base de la valeur d’entreprise de Xerox IT. Cela représente 8,7 fois l’Ebitda de la cible pour 2014, prix conforme au marché américain. Atos chiffre à 10% l’effet positif de l’opération sur son bénéfice par action dès 2015. Les synergies de vente et la coopération avec Xerox devraient générer un chiffre d’affaires supplémentaire de plus de 100 millions de dollars à horizon de trois ans.
Reste à réussir l’intégration. Jusqu’à présent, Atos ne s’est attaqué qu’à des cibles européennes et les quelques mouvements de SSII étrangères aux Etats-Unis n’ont pas toujours été couronnés de succès. Pour limiter les risques de décalage, une structure de gouvernance dédiée sera mise en place et co-présidée par les PDG des deux sociétés, Ursula Burns et Thierry Breton.
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