AstraZeneca devient seul maître à bord de la coentreprise avec BMS dans le diabète
Voilà de quoi selon Pascal Soriot, directeur général d’AstraZeneca depuis octobre 2012, aider le laboratoire pharmaceutique à «retrouver le chemin de la croissance». Le groupe britannique a dévoilé le rachat de la part détenue par Bristol-Myers Squibb au sein de leur coentreprise à parité dédiée au traitement du diabète. Les deux géants de la pharmacie avaient uni leurs forces en 2007.
AstraZeneca a convenu d’acquérir les intérêts de BMS pour un montant pouvant dépasser 4,3 milliards de dollars. L’acheteur verse en effet 2,7 milliards à la finalisation de la transaction, attendue dès le mois prochain, et jusqu’à 1,4 milliard lié aux résultats commerciaux du portefeuille acquis jusqu’en 2025. Le laboratoire britannique pourrait verser jusqu’à 225 millions pour d’autres actifs transférés ultérieurement.
Les analystes saluent la pertinence du mouvement pour les deux concurrents. L’opération était certes attendue, après que Bristol-Myers Squibb a annoncé le mois dernier cesser toute recherche dans le traitement du diabète, pour consacrer davantage d’efforts à celui du cancer notamment. Cela même si le groupe avait acquis en 2012 pour 5,3 milliards Amylin Pharmaceuticals, un spécialiste du diabète. BMS a également annoncé hier un relèvement de 3% du dividende versé au premier trimestre 2014.
AstraZeneca de son côté y trouve le moyen de renforcer son portefeuille de produits en développement, un sujet épineux ces dernières années. La coentreprise développe notamment le traitement Forxiga, en voie d’homologation par la FDA aux Etats-Unis. AstraZeneca met en avant des perspectives prometteuses dans un domaine stratégique, le diabète pouvant concerner 550 millions de patients dans le monde en 2030 contre 370 millions en 2012. Pascal Soriot n’a pas manqué de souligner que «l’essentiel (de cette croissance) se fera dans les marchés émergents où AstraZeneca dispose d’une forte présence». Déjà, le groupe prévoit le transfert de 4.100 salariés environ en provenance de BMS.
Le groupe britannique précise que l’acquisition sera financée par la trésorerie disponible et des crédits de court terme et estime qu’elle n’aura pas d’impact sur son résultat net 2014. Il n’en concède pas moins pour 2013 une dépréciation d’actif de 1,7 milliard de dollars sans sortie de trésorerie et sans effet sur le résultat net, liée au Bydureon, un traitement ne respectant pas pour l’heure les attentes commerciales.
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