Areva et Astorg se rejettent la responsabilité de l’échec de la vente de Canberra

Le fonds d’investissement a décidé de ne pas racheter la filiale de mesure du groupe de nucléaire. Areva invoque un problème de financement
Olivier Pinaud

Canberra reste dans le giron d’Areva. Le contrat de vente de la société de mesure de la radioactivité qui avait été conclu le 29 mars dernier avec Astorg Capital a été rompu. Une rupture décidée par le fonds de capital investissement. «Astorg annonce sa décision de ne pas réaliser l’acquisition de Canberra», a laconiquement indiqué le fonds sur son site internet vendredi, sans vouloir donner plus de détails.

Bucéphale, le conseil financier d’Astorg, n’a pas souhaité faire de commentaire. Areva s’est montré plus explicite. Selon le groupe de nucléaire, Astorg a justifié sa décision en «invoquant l’absence d’un financement adéquat, et ce malgré les assurances données par Astorg à Areva dans le contrat signé le 29 mars».

Le contrat suivait un processus concurrentiel animé, dirigé par Credit Suisse. Pas moins de 16 candidats, fonds et industriels, avaient déposé un dossier au premier tour, ce qui avait fait monter les enchères, avant qu’Astorg l’emporte dans la dernière ligne droite devant les industriels Mirion et Danaher.

Le prix de vente avait été arrêté autour de 350 millions d’euros, soit environ 10 fois le résultat brut d’exploitation estimé de Canberra. Pour financer la partie en dette de l’opération, Astorg avait obtenu un accord inconditionnel de dette unitranche auprès de GSO Capital Partners, l’activité de dette privée de Blackstone. Le coût de l’opération a pu faire reculer Astorg au dernier moment.

Selon une source proche du dossier, qui dément tout problème de financement, la décision d’Astorg fait les affaires d’Areva. Face à une situation financière tendue et une transition conflictuelle à sa direction, Luc Oursel, le nouveau président du groupe de nucléaire avait décidé début 2012 de mettre en vente Canberra. Une opération qui constituait à elle seule près d’un tiers du plan de cession d’actifs de 1,2 milliard d’euros programmé à cette époque pour 2012 et 2013.

Depuis, les ventes ont dépassé les attentes du groupe de nucléaire. L’objectif de 1,2 milliard a été atteint dès août 2012, et depuis, les perspectives opérationnelles d’Areva se sont améliorées. Le groupe de nucléaire souligne également la bonne trajectoire de Canberra. Sur un marché global de la mesure nucléaire estimé à 800 millions d’euros par an, la filiale d’Areva en détient 35%.

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