Areva engage le processus de cotation de ses actions en Bourse
Lors de la signature, fin 2010, de l’accord avec le fonds souverain du Koweït (KIA) concernant l’augmentation de capital de 900 millions d’euros d’Areva, l’Etat français s’était engagé «à faire ses meilleurs efforts pour coter les actions [du groupe de nucléaire, ndlr] d’ici la fin du premier semestre 2011». Malgré la crise au Japon, le calendrier devrait être tenu. Hier, le conseil de surveillance d’Areva en a approuvé le principe.
Actuellement, le capital de la société est composé de deux titres de natures différentes : des actions ordinaires, détenues par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’Etat, KIA, EDF ou Crédit Agricole CIB ; des certificats d’investissement (CI) et des actions de préférence (cette catégorie a remplacé les CI depuis la loi de 2005), cotés à la bourse de Paris mais dénués de droit de vote. Ces titres représentent 4% du capital du fabricant de centrales. La cotation formelle d’Areva passera par la transformation des CI et des actions de préférence en actions ordinaires en leur attribuant un droit de vote à chacun. Ces droits sont détenus par le CEA.
L’opération pose deux questions. La première, sur les modalités. Les droits de vote peuvent en effet être directement distribués aux détenteurs de CI ou d’actions de préférence ou indirectement via une offre publique d’échange initiée par le CEA. La seconde difficulté consiste à déterminer la valeur de ces droits de vote. Lors de leur émission fin 2010, pour compenser l’effet de dilution provoqué par l’augmentation de capital réservée à l’Etat et à KIA, les actions préférentielles ont été valorisées au prix de 32,17 euros, soit avec une décote de 1% par rapport au prix des actions ordinaires. La valeur du droit de vote, qui avait été soumise à un avis de la Commission des participations et des transferts, s’élevait ainsi à 33 centimes.
Depuis, malgré l’accident survenu à la centrale de Fukushima, la valeur relative du droit de vote a peu de raison d’avoir évolué. En revanche, censée offrir une porte de liquidité supplémentaire aux actionnaires d’Areva, notamment à KIA, la conversion a peu de chance d’être suivie d’un élargissement du flottant via la cession de titres sur le marché. La catastrophe au Japon fait peser un énorme risque sur le secteur et sur l’activité d’Areva. Depuis le tremblement de terre, la valeur du certificat d’investissement du groupe a chuté de 10%.
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