Areva boucle son programme de cessions d’actifs
Areva a rempli son contrat. La vente de sa participation de 63% dans sa filiale canadienne La Mancha, annoncée le 13 juillet, permet au groupe de nucléaire français d’atteindre dès aujourd’hui l’objectif minimum de 1,2 milliard d’euros en 2012-2013 de cessions d’actifs qu’il s’était fixé en décembre. L’action Areva, au flottant très limité, a réagi hier par une hausse de 7,45% à 11,755 euros.
La Mancha, cotée à la Bourse de Toronto, affichait en mars une capitalisation boursière de 486 millions de dollars canadiens (360 millions d’euros) au moment où le processus de vente a été lancé. Entretemps, le cours de la société aurifère a fondu d’un tiers. Mais l’offre d’achat de Weather II, une société de Naguib Sawiris, offre une prime de 55,6% sur le dernier cours de clôture et valorise la cible à 500 millions de dollars canadiens. Areva, qui va toucher 315 millions de dollars canadiens, devrait en outre bénéficier d’un petit effet de change favorable lié à la dépréciation de l’euro. Le produit de la vente lui rapportera 252 millions d’euros au cours d’hier, contre 240 millions mi-mars.
Areva a déjà encaissé 776 millions d’euros de la vente du bloc Eramet au Fonds stratégique d’investissement, et a finalisé le mois dernier la cession de sa participation dans le projet minier canadien Millenium pour l’équivalent de 115 millions d’euros. Le groupe s’est aussi délesté de ses parts dans les sociétés 01dB-Metravib (acoustique de défense) et Sofradir (composants infrarouges).
L’accomplissement du programme de cession d’actifs permettra d’éviter une nouvelle augmentation de capital après l’injection de 900 millions fin 2010 de la part de l’Etat et du fonds souverain du Koweit. Mais le produit des ventes ne couvrira même pas la consommation de cash d’Areva en 2012, attendue à 1,5 milliard d’euros avant un retour à l'équilibre l’an prochain.
A moyen terme, le groupe laisse aussi miroiter l’ouverture du capital de son pôle minier, qui, si elle se faisait, «pourrait assurer au groupe, outre un désendettement conséquent, un relèvement de sa note de crédit à BBB+», estime Natixis. Dans une étude publiée hier, le courtier évalue à près de 4,6 milliards d’euros le pôle minier en cas d’ouverture du tour de table.
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