Areva boucle quasiment son programme de cessions en engageant la vente de ses mines d’or

A la demande de son principal actionnaire, La Mancha a ouvert une mise aux enchères. Le bloc de 63% d’Areva est valorisé 227 millions d’euros
Olivier Pinaud

Areva exploite au maximum toutes ses réserves potentielles de cash. Après avoir vendu ses participations dans 01dB-Metravib et Sofradir, puis ouvert des négociations en vue de céder trois autres actifs (mine d’Imouraren au Niger, part dans le projet minier Millenium, bloc de 25,93% au capital d’Eramet), le groupe de nucléaire a engagé la cession de sa filiale aurifère La Mancha Ressources. Areva détient indirectement, via la Compagnie française des mines et métaux, 63% du capital de La Mancha. Le solde est coté à la Bourse de Toronto. La junior minière affichait, avant l’officialisation de l’ouverture du processus de vente, une capitalisation de 468 millions de dollars canadiens, soit 360 millions d’euros.

La Mancha indique avoir constitué un comité spécial pour mener le processus de vente aux enchères «afin de maximiser la valeur pour toutes les parties prenantes». Il est conseillé par BMO Nesbitt Burns et par Fasken Martineau. Des discussions ont été engagées «avec plusieurs acquéreurs potentiels et plusieurs expressions d’intérêt ont déjà été exprimées verbalement», précise La Mancha.

Areva exploite depuis les années 1980 quatre mines d’or: deux en Australie, une au Soudan et une en Côte-d’Ivoire. Créée pour maintenir un savoir-faire minier au sein du groupe en période de dépression du marché de l’uranium, la division s’est progressivement développée et a été fusionnée en 2006, à l’occasion d’un «reverse take-over», avec la junior canadienne La Mancha. Ses mines ont produit 121.446 onces d’or (environ 3,8 tonnes) en 2011.

En supposant que cette opération aboutisse aux cours actuel, Areva pourrait encaisser environ 227 millions d’euros. En ajoutant les opérations déjà conclues, et celles en cours de discussion, le groupe de nucléaire serait ainsi tout près de son objectif de 1,2 milliard d’euros de cessions d’actifs, dont 776 millions rien qu’avec le bloc Eramet repris par le Fonds stratégique d’investissement. Ce programme de vente d’actifs était indispensable pour éviter au groupe une nouvelle augmentation de capital après les 900 millions injectés fin 2010 par l’Etat et le fonds souverain du Koweït. Areva devrait consommer encore 1,5 milliard d’euros de trésorerie en 2012 après 2,4 milliards en 2011.

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