ArcelorMittal souffre d’une exposition trop forte au marché européen de l’acier

La consommation d’acier en Europe, premier marché du groupe, pliera de 1,5% à 2,5% cette année, provoquant une baisse de l’Ebitda du groupe
Olivier Pinaud

Le résultat opérationnel d’ArcelorMittal ne progressera pas cette année, contrairement à ce qu’espérait le groupe il y a encore quelques mois. Selon le sidérurgiste, son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ne dépassera pas 6,5 milliards de dollars (4,9 milliards d’euros) en 2013 alors qu’il espérait auparavant faire mieux que les 7,1 milliards de dollars de 2012. Le producteur s’ajuste en réalité sur le consensus d’analystes qui, depuis quelques semaines déjà, doutait de la capacité du groupe à faire aussi bien qu’annoncé au printemps dernier. Avant cette annonce, le consensus s’élevait à 6,6 milliards de dollars.

Le premier sidérurgiste mondial, qui produit 6% à 7% de l’acier mondial, subit le contrecoup de la moindre demande mondiale d’acier, en Europe et aux Etats-Unis, ses deux premiers marchés. Il estime que la consommation d’acier aux Etats-Unis sera stagnante, voire augmentera au mieux de 1%, en 2013, deux fois moins qu’initialement espéré, après avoir baissé de 5,6% au premier semestre.

Pire, la consommation diminuera de 1,5% à 2,5% en Europe, seul continent en baisse cette année selon le groupe. Un ralentissement qui pèse lourd puisque le sidérurgiste vend encore 45% de son acier sur le vieux Continent. Au total, ArcelorMittal s’attend à une hausse limitée à 1% ou 2% de ses livraisons cette année.

Dans ces conditions, le groupe reconnaît devoir poursuivre ses efforts dans les régions en plus forte croissance, le Brésil ou la Chine. «Ce sont des marchés primordiaux pour ArcelorMittal. La Chine, un marché où ne sommes pas très présents en termes de production, connait une hausse de 8,5%», indique le directeur financier Aditya Mittal. Les investissements seront augmentés à 3,7 milliards de dollars cette année contre 3,5 milliards précédemment en raison de développements supplémentaires au Brésil.

Malgré cet avertissement, le groupe, déclassé en catégorie spéculative en 2012, a confirmé son objectif d’une dette nette de 15 milliards de dollars à moyen terme. Celle-ci a diminué à 16,2 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre mais elle remontera à 17 milliards en fin d’année, en raison du besoin en fonds de roulement et du dividende.

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