ArcelorMittal souffre d’une exposition trop forte au marché européen de l’acier
Le résultat opérationnel d’ArcelorMittal ne progressera pas cette année, contrairement à ce qu’espérait le groupe il y a encore quelques mois. Selon le sidérurgiste, son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ne dépassera pas 6,5 milliards de dollars (4,9 milliards d’euros) en 2013 alors qu’il espérait auparavant faire mieux que les 7,1 milliards de dollars de 2012. Le producteur s’ajuste en réalité sur le consensus d’analystes qui, depuis quelques semaines déjà, doutait de la capacité du groupe à faire aussi bien qu’annoncé au printemps dernier. Avant cette annonce, le consensus s’élevait à 6,6 milliards de dollars.
Le premier sidérurgiste mondial, qui produit 6% à 7% de l’acier mondial, subit le contrecoup de la moindre demande mondiale d’acier, en Europe et aux Etats-Unis, ses deux premiers marchés. Il estime que la consommation d’acier aux Etats-Unis sera stagnante, voire augmentera au mieux de 1%, en 2013, deux fois moins qu’initialement espéré, après avoir baissé de 5,6% au premier semestre.
Pire, la consommation diminuera de 1,5% à 2,5% en Europe, seul continent en baisse cette année selon le groupe. Un ralentissement qui pèse lourd puisque le sidérurgiste vend encore 45% de son acier sur le vieux Continent. Au total, ArcelorMittal s’attend à une hausse limitée à 1% ou 2% de ses livraisons cette année.
Dans ces conditions, le groupe reconnaît devoir poursuivre ses efforts dans les régions en plus forte croissance, le Brésil ou la Chine. «Ce sont des marchés primordiaux pour ArcelorMittal. La Chine, un marché où ne sommes pas très présents en termes de production, connait une hausse de 8,5%», indique le directeur financier Aditya Mittal. Les investissements seront augmentés à 3,7 milliards de dollars cette année contre 3,5 milliards précédemment en raison de développements supplémentaires au Brésil.
Malgré cet avertissement, le groupe, déclassé en catégorie spéculative en 2012, a confirmé son objectif d’une dette nette de 15 milliards de dollars à moyen terme. Celle-ci a diminué à 16,2 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre mais elle remontera à 17 milliards en fin d’année, en raison du besoin en fonds de roulement et du dividende.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice. -
Le broker XTB mise sur la cryptomonnaie
XTB a lancé une offre de trading proposant plus de 40 cryptomonnaies en Espagne en octobre. Le même service devrait être lancé en France prochainement.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts -
EditoLa farce budgétaire a déjà trop duré
Quel paradoxe que cet article 49.3 tant décrié et qui apparaît aujourd’hui comme la solution la plus convenable pour doter la France d'un budget pour 2027