ArcelorMittal se résigne à une augmentation de capital pour se désendetter
Face à une dette attendue à 22 milliards de dollars fin 2012, et malgré des cessions d’actifs et une entaille dans le dividende, ArcelorMittal va plus loin pour accélérer son désendettement. Le sidérurgiste a prévu de lever 4 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros, avant déduction des commissions) en actions ordinaires (pour 1,75 milliard, soit 104 millions de titres à un prix unitaire de 16,75 dollars ou 12,83 euros) et en obligations convertibles (billets obligatoirement convertibles pour 2,25 milliards).
Les obligations subordonnées auront une maturité de trois ans et seront obligatoirement converties. Elles offriront un coupon annuel de 6,0% versé trimestriellement. Le prix de conversion sera au minimum celui du prix de référence de l’action, déterminé par le prix de placement des nouvelles actions offertes, et au maximum 125% du prix minimal de conversion. Les actions ordinaires seront offertes en priorité aux actionnaires actuels. La famille Mittal, qui détient 40% du capital, a l’intention de participer à hauteur de 600 millions de dollars sur l’ensemble de l’opération, avec une clause de conservation des titres sur six mois. L’opération sera dirigée par Goldman Sachs, avec BofA Merrill Lynch, Crédit Agricole CIB et Deutsche Bank en teneurs de livres associés.
Grâce à cette augmentation de capital, aux cessions d’actifs, à la baisse du dividende et aux mesures de réduction de coûts, ArcelorMittal compte réduire sa dette nette à 17 milliards de dollars dès la fin juin 2013, et atteindre rapidement son objectif moyen terme de 15 milliards. Une urgence alors qu’au cours de l’année 2012, les trois grandes agences de notation ont dégradé ArcelorMittal en catégorie spéculative. Ces objectifs de dette prennent en compte le possible rachat d’actifs mis en vente par ThyssenKrupp, pour lesquels ArcelorMittal a déposé une offre, a précisé hier Aditya Mittal, directeur financier du groupe. Si le sidérurgiste n’a pas dévoilé le contenu de son offre, il a souligné que l’usine d’Alabama, d’envergure mondiale, permettrait de dégager des synergies.
ArcelorMittal doit empocher au premier semestre 1,1 milliard de dollars pour la cession de 15% de sa filiale minière canadienne, et 447 millions pour sa participation dans le groupe minier Kalagadi Manganese. Le sidérurgiste en profite pour confirmer son objectif de 7 milliards de dollars d’Ebitda en 2012, en ligne avec le consensus.
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