Apple alimente le pessimisme des marchés
L’avertissement lancé par Apple mercredi soir en raison d’une baisse des ventes en Chine (lire ci-avant) a secoué les marchés: craignant une accentuation du ralentissement économique mondial, les investisseurs ont déserté les actifs risqués comme les actions.
Les valeurs technologiques ont chuté à travers le monde. Ce compartiment a terminé en baisse de 3,7% au sein de l’indice Eurostoxx 600 hier. Invest Securities rappelle qu’Apple représente 9% du marché mondial des semi-conducteurs, derrière Samsung (à 10%). Or, les analystes de Credit Suisse anticipent désormais un déclin de 40 à 50% des commandes de l’iPhone au premier trimestre 2019 par rapport au dernier trimestre 2018 et des baisses supérieures à 40% pour les principaux concurrents chinois d’Apple en décembre.
En Europe, selon Credit Suisse, les équipementiers les plus exposés à Apple sont Dialog (75% d’exposition), AMS (entre 40 et 45%) et STMicro (entre 10 et 15%). «Une baisse des commandes d’iPhone de 5 millions d’unités par rapport à nos propres estimations de 70 millions d’unités pour le trimestre clos en décembre, étant donné la révision de la prévision d’Apple, impliquerait un effet de 4 à 5% par rapport au chiffre d’affaires prévu par Dialog au quatrième trimestre 2018, de 5 à 6% pour AMS et de 1 à 2% pour STM», décrit le courtier helvétique. L’action Dialog a reculé de 9,7% hier, tandis qu’AMS plongeait de 23,2% et STM baissait de 11,6%. Soitec a lui perdu 6,6%.
Les investisseurs se sont reportés sur des valeurs refuges, comme certaines obligations d’Etat, le yen et l’or. Le rendement de la dette allemande à 10 ans a ainsi atteint son niveau le plus faible depuis plus de deux ans (à 0,148% en journée). Le yen s’est renforcé également, jusqu’à 104,96 yens pour 1 dollar – un niveau jamais vu depuis mars 2018 (lire par ailleurs).
L’annonce d’Apple confirme qu’aucune des principales inquiétudes des investisseurs – relatives au Brexit, aux tensions commerciales et à la croissance mondiale – n’a été levée. Elle intervient après une journée déjà difficile mercredi sur les Bourses européennes et américaines, après la publication de chiffres d’activité inquiétants. Alors que les investisseurs les plus haussiers estiment que certains marchés actions sont sous-valorisés (le S&P 500 capitalisant 14 fois les bénéfices estimés de ses membres, contre 18 fois un an plus tôt), une aversion prolongée pour le risque, si l’avertissement d’Apple était suivi d’autres, pourrait les faire mentir.
Selon le dernier consensus Refinitiv, les analystes ont réduit leurs prévisions de croissance des bénéfices des sociétés du S&P 500 pour 2019 à 7%, contre 10% en octobre dernier. Le consensus atteint +24% pour l’exercice 2018.
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