Anbang bouscule un peu plus l’industrie hôtelière mondiale
A la tête d’un consortium, l’assureur chinois lance une contre-offre non sollicitée sur Starwood, initialement convoité par Marriott.
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Bruno de Roulhac
L’action Starwood progressait en matinée de plus de 7%, s’ajustant juste en dessous du prix offert par Anbang. Hôtel Meridien à Oran.
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Photo Starwood.
L’appétit des investisseurs chinois pour les groupes hôteliers mondiaux est insatiable. Et ils ne craignent pas les offres hostiles, à l’instar de celle annoncé hier par Anbang sur Starwood. A la tête d’un consortium, l’assureur a déposé une offre de 76 dollars par action en numéraire, valorisant 12,8 milliards de dollars l’hôtelier américain. L’action progressait en matinée de plus de 7%, s’ajustant juste en-dessous du prix offert. Marriott, qui a annoncé son intention de racheter Starwood en novembre 20115, va devoir contre-attaquer s’il veut emporter son concurrent. Le conseil d’administration de Starwood soutient toujours l’offre de Marriott. Mais ce dernier a néanmoins autorisé Starwood à engager des discussions avec le consortium chinois jusqu’au 17 mars inclus.
Le groupe chinois sur tous les fronts
En novembre, Starwood, conseillé par Lazard et Citigroup, avait conclu un accord définitif de fusion avec Marriott dans le cadre d’une transaction en titres et en cash, qui donnerait naissance au plus gros groupe hôtelier mondial. Une action Starwood apportée donnerait droit à 0,92 action Marriott et 2 dollars en espèces, valorisant le groupe hôtelier 12,2 milliards de dollars (11 milliards d’euros). Si Marriott veut l’emporter, il devra améliorer son offre, d’autant que son titre a moins bien performé que celui de Starwood depuis l’annonce de novembre. Et qu’au cours actuel, l’offre ressort plutôt autour de 65 dollars.
De son côté, Anbang est sur tous les fronts. Après avoir mis la main en février 2015 sur le Waldorf Astoria à New York, pour près de 2 milliards de dollars, il s’apprêterait à racheter le groupe d’hôtellerie de luxe Strategic Hotels & Resorts, pour environ 6,5 milliards de dollars, à Blackstone.
Ce mouvement a relancé les spéculations sur AccorHotels, qui gagnait 3,08% hier à 39,17 euros. Si l’hôtelier a démenti être en lice pour racheter Carlson Rezidor, le propriétaire des Radisson, il est l’objet de toutes les rumeurs depuis que l’hôtelier chinois Jin Jiang est devenu son premier actionnaire au début du mois avec près de 12% du capital, au moment où les fonds d’investissement du Qatar (QIA) et du prince saoudien Al Waleed (KHC) doivent entrer à hauteur de 16% du capital d’AccorHotels pour l’aider à financer le rachat de FRHI. Hier, Katara Hospitality, l’hôtelier appartenant à QIA a déclaré aux Echos être prêt à coopérer davantage avec le groupe français.
La compagnie aérienne britannique a rejeté une troisième offre indicative du fonds américain de private equity qui la valorise à 4,74 milliards de livres.
Le fonds d’Abou Dhabi réclame au préalable des engagements d’apport pour au moins 80% du capital. Pour éviter le blocage de minoritaires, il promet une prime de 0,10 euro par action ordinaire, s’il parvient à sortir la société de la cote.
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