Amundi se dote d’objectifs explicites pour la neutralité carbone
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA (CASA), a dévoilé au Climate Finance Day, ce 26 octobre à Paris, les premiers éléments d’une nouvelle stratégie climat pour la Banque verte et l’ensemble du groupe, dont son gérant d’actifs Amundi. Signataire des Principes Équateur en 2003, des Principes Climat en 2008 et membre co-fondateur des Green Bonds Principles, Crédit Agricole SA s’était déjà fixée en 2019 de premiers objectifs, intégrés à son plan stratégique Groupe “Ambitions 2022”. « Le Groupe Crédit Agricole doit s’organiser de manière systématique pour faciliter, inciter, et ainsi rendre possible la nécessaire révolution énergétique pour tous, a déclaré Philippe Brassac, lorsque les mouvements qui ont perturbé l’événement se sont calmés. C’est tout le sens de notre Projet Sociétal que nous décrirons et communiquerons dans toutes ses dimensions le 1er décembre prochain. » L’ensemble du groupe sera impliqué.
Amundi prendra sa part. Le premier gestionnaire d’actifs d’Europe (1.794 milliards d’euros d’encours au 30 juin) avance sur trois axes. Il se désinvestira des entreprises dont l’exploration et la production des hydrocarbures non conventionnels représentent 30 % de l’activité. De plus, Amundi investira 20 milliards d’euros d’ici à 2025 dans des fonds avec un objectif explicite d’impact positif en matière environnementale ou sociale. Enfin, la société lancera une offre de solutions « Net-Zero ». Les portefeuilles de cette offre auront un objectif de réduction en ligne avec l’objectif de neutralité carbone en 2050. Pour l’investissement d’ici 2025, 100 % des fonds ouverts de gestion active d’Amundi, représentant 400 milliards d’euros, auront pour objectif une meilleure notation en matière de transition énergétique comparé à leur univers de référence (quand cela est techniquement possible). De fait, ces objectifs sont déjà travaillés par Amundi.
« Aujourd’hui, chaque gérant de fonds ouvert doit obtenir une notation ESG (critère environnementaux, sociétaux et de gouvernance, NDLR) supérieure à celle de son benchmark, déclare Valérie Baudson, directrice générale d’Amundi, à L’Agefi hebdo. Tous les jours, nos équipes de contrôle des risques le vérifie, avec des alertes, comme dans le cadre financier. Pour en arriver là, nous travaillons avec 14 fournisseurs de données, nous avons intégré la notation dans l’outil informatique, formé nos gérants, changé nos prospectus. Par ailleurs, en gestion indicielle, nous avons doublé nos encours ESG, avec les ETF, mais aussi les mandats que nous confient les institutionnels avec leurs propres critères. Nos encours ESG (798 milliards d’euros au 30 juin) reposent sur ces trois composantes. Et ils vont grossir. Mais je ne sais pas à quel rythme. Cela dépend des institutionnels : ils sont moteurs. Mais le train est en marche. »
Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Valérie Baudson dans L’Agefi hebdo du 28 octobre 2021 et, dès demain 18 heures, sur agefi.fr.
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