Altran se démène pour tenter de relancer à la hausse le cours de Bourse
Deux ans et demi après l’arrivée de Philippe Salle aux commandes, le scepticisme entourant les objectifs 2015 d’Altran n’est pas totalement dissipé, même si le cours de l’action a rebondi de 20% depuis juin 2011, très légèrement moins que celui du grand concurrent Alten.
Pourtant, à mi-parcours, et après deux années économiquement compliquées en Europe, Philippe Salle ne dévie pas des objectifs fixés en 2011. «Les 11% de marge opérationnelle sont possibles dans la configuration actuelle de la société, sans avoir besoin de croissance forte du marché ou d’une amélioration des conditions tarifaires», a assuré hier le PDG du numéro un mondial de la R&D externalisée lors d’une conférence avec les analystes à Cambridge.
En haut de cycle, et grâce aux mesures de baisse des charges ou d’amélioration du taux d’occupation des ingénieurs, la marge pourrait même approcher 12%. Du jamais vu depuis le début des années 2000. L’an prochain, elle devrait s’établir entre 9,5% et 10%, contre plus de 8,6% estimé pour 2013. La génération de cash-flow disponible devrait osciller entre 3% et 6%.
Si le Portugal et les Pays-Bas, les principaux points noirs identifiés en 2011, sont redressés ou en voie de l’être, la principale inquiétude de Philippe Salle reste la France. «La confiance des dirigeants d’entreprise est faible, la visibilité fiscale est nulle, donc ils n’investissent pas. Le marché français va continuer à stagner. Si la croissance revient, je serai plus que content», reconnaît le dirigeant. Les efforts sur les coûts ont toutefois permis d’abaisser à 60% le ratio de charges sur chiffre d’affaires dans l’Hexagone.
En attendant, Altran cherche la croissance ailleurs. En Allemagne, où il compte passer de la cinquième à la troisième place du marché. En Chine, où Philippe Salle se rend la semaine prochaine en vue de créer des sociétés communes dans l’ingénierie automobile et l’énergie nucléaire. Ou encore aux Etats-Unis où une cible a été identifiée. Objectif : approcher 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015, contre 1,6 milliard en 2012, dont 150 à 200 millions d’euros via des acquisitions.
La réussite de ce plan et la remontée espérée de l’action conditionnent la sortie d’Apax. Le fonds a engagé 150 millions d’euros en 2008 pour devenir le premier actionnaire avec 20% du capital. Or, le cours de Bourse actuel n’est supérieur à son prix de revient estimé (5,5 euros) que de seulement 10%.
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