Altamir Amboise campe sur ses positions face à Moneta et à l’Adam
Le dialogue de sourds se poursuit entre Altamir Amboise et ses deux actionnaires opposants, Moneta AM et l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam). Malgré leur demande, le fonds d’investissement coté ne compte pas modifier sa politique de retour aux actionnaires. Si elle a accepté de présenter lors de l’assemblée générale du 18 avril le projet de résolution formulé par Moneta et l’Adam, proposant la mise en place d’un programme de rachats d’actions visant à réduire la décote de la structure, la gérance d’Altamir Amboise «invite les actionnaires à la rejeter». L’an dernier, suivant l’invitation de la gérance, l’AG avait rejeté la résolution de Moneta et de l’Adam réclamant une multiplication par 5 du dividende.
Dans son rapport, en plus de mettre en doute la rédaction et la légalité de cette résolution, la gérance d’Altamir Amboise juge la proposition de Moneta et de l’Adam «contraire à l’intérêt social». «Le retour des capitaux aux actionnaires par le rachat d’actions est justifié lorsqu’une entreprise dispose de ressources supérieures à sa capacité d’investissement. Ce n’est en rien le cas d’Altamir Amboise», explique le fonds. Selon lui, sa politique «d’investissement à l’international» lui donne une capacité d’investissement supérieure à ses ressources pour cinq ans. Par ailleurs, elle assure que sa volonté de grossir lui permettra d’intéresser de nouveaux investisseurs, notamment étrangers. Enfin, elle rappelle que la nouvelle politique de dividende récemment proposée a joué dans la progression de 52% du cours de Bourse depuis le 1er janvier 2012.
Un dernier argument que ne contestent pas Moneta et l’Adam, puisque ces derniers avaient réclamé l’an dernier un relèvement du dividende. En revanche, ils se demandent pourquoi Maurice Tchenio, le gérant d’Altamir Amboise, refuse de racheter des actions au cours actuel de 9,1 euros alors qu’il valorise l’actif net de la société à 13 euros, soit une décote de 30%. Selon eux, plusieurs fonds cotés britanniques emploient avec succès les programmes de rachats d’actions pour réduire, voire supprimer, leur décote.
Au bout du compte, même si leur résolution est acceptée, la gérance sera libre de mettre en œuvre ou non le programme de rachats d’actions. Mais Moneta et l’Adam espèrent que Maurice Tchenio, qui détient 22,4% du capital, saura respecter la démocratie actionnariale.
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